ODE III
Œuvres admirables de Dieu , et sa bonté pour l'homme.
O suprême grandeur , 6 sagesse ineffable ,
Ton nom remplit la terre, et ta gloire admirable
Eblouit en tous lieux !
Les anges devant toi baissent leurs yeux timides , Monarque , qui , du haut du trône où tu résides ,
Sous tes pieds vois les cieux.
Ce stupide mortel , s'il est vrai qu'il t'ignore, Ue l'enfant qu'au berceau le lait nourrit encore
Peut prendre des leçons.
La langue de l'enfant qui tient de toi la vie, Pour bénir ta puissance et confondre l'impie,
Forme ses premiers sons.
Pour moi, lorsque la nuit vient déployer ses voiles, Où tes prodigues mains ont semé tant d'étoiles.
Je t'adresse ma voix.
Lorsque l'astre du jour rentre dans sa carrière. Je redouble mes chants ; et c'est dans sa lumière
La tienne que je vois.
D'ouvrages merveilleux la foule est innombrable; L'homme n'y paroît plus que l'amas méprisable
De la chair et du sang.
Dans ta cour toutefois que tes bontés l'honorent ! Presque égal aux esprits qui sans cesse t'adorent,
Il tient le second rang.
Tu veux qu'à ses besoins ici-bas tout conspire. Les plus fiers animaux reconnoissent l'empire
Qu'il a reçu de toi. Ceux qui de l'Océan parcourent les abîmes , Ceux qui fendent de l'air les campagnes sublimes ,
Tous respectent leur roi.
Que de biens tu nous fais , 6 sagesse ineffable ! Ton nom remplit la terre ; et ta gloire admirable
Eblouit en tous lieux.
Les anges devant toi baissent leurs yeux timides , Monarque , qui , du haut du trône où tu résides ,
Sous tes pieds vois les cieux.