‹ PoésiesChapitre 6 sur 64 · CHANT II · texte numérisé non relu

CHANT II

La nécessité de se bien connoître soi-même, pour bien connoître Dieu, conduit au second chant. J'imite le langage d'un homme qui , après avoir perdu ses premières années dans des études frivoles , veut faire la plus importante des études , qui est celle de soi-même. J'ouvre les yeux sur moi , et je suis étonné des contrariétés que j'y trouve. Que suis-je ? Mon bonheur ne peut être ici-bas , puisque j'y dois rester si peu. Quand j'en sortirai , où irai-je ? Mon ame est-elle immortelle ? Ma raison m'en donne des assurances que je saisis avec joie ; cependant , comme je crains que mon intérêt à croire une vérité si consolante ne m'en ait fait trop aisément recevoir les preuves , je veux m'instruire de ce que la raison a dit aux plus fameux philosophes de l'antiquité. Je les vois tous divisés entre eux par des systèmes qui ne m'expliquent rien. Platon me contente plus que les autres; mais quand je lui demande la cause de mes malheurs, il se tait. Ces philosophes ont connu notre misère, et tous en ont ignoré la cause. Le silence de la raison m'alarme ; mais lorsque je suis prêt à me désespérer, j'apprends que Dieu a parlé aux hommes. Quel est ce peuple dépositaire de sa parole ? La raison , qui m'a fait sentir la nécessité d'une révélation , m'anime à la chercher,

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