‹ Poésies lyriques. Édition complète en deux parties, avec introduction et glossaire publiée sous les auspices de la Faculté d'histoire et de philologie de St-Pétersbourg (volume 2)Chapitre 106 sur 353 · LXIIL. — BALADE · texte numérisé non relu

LXIIL. — BALADE

L° ! tant desir l’eure que je vous voie, Tres douce, où nulz ne saroit amender,

Qu'il me samble bien, se Diex me doint joie,

Qu'il ha -c- ans que ne vi vo vis cler :

Einsi desirs fait mon cuer embraser :

Si que j'en pleure et soupir main et soir Pour le desir que j’ay de vous veoir.

Car je sçay bien, einsi je ne porroie

Ensus de vous se petit non durer ;

Et si ne sçay trouver ne tour ne voie, Comment lès vous peüsse demourer.

Si ne me sçay de coy reconforter,

Car je met tout, fors vous, en nonchaloir Pour le desir que j’ay de vous veoir.

Pour ce vous pri, ma dame, simple et coie, Que vous vueillés penser et avisier Qu’aveuques vous sans departement soie, Sans vostre honnour amenrir n’empirer ; Car, vraiement, nulz ne porroit penser

La grief dolour que j’ay, sans joie avoir, Pour le desir que j'ay de vous veoir.

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