‹ Poésies lyriques. Édition complète en deux parties, avec introduction et glossaire publiée sous les auspices de la Faculté d'histoire et de philologie de St-Pétersbourg (volume 2)Chapitre 145 sur 353 · C. — BALADE · texte numérisé non relu

C. — BALADE

D" de moy tres loiaument amée, Sans repentir, de cuer et de voloir, Vo grant bonté, vo biauté fassonnée, Vo noble corps, vo grace et vo savoir Aveuc amours font que, sans decevoir, Je suis vos sers, comment qu’il m’en aveingne. Quant vous plaira, de moy merci vous prengne.

Car vraie amour loial s’est enfermée Dedens mon cuer et s’en fait son manoir, Et avec ce s1 noble destinée,

Com d’estre amis à vous, me fait avoir.

S'en loe amours et vous par qui j’espoir Avoir merci ou mort qui me destreingne.

Quant vous plaira, de moy merci vous prengne.

Humble biauté, parfaite, enluminée

De toute honnour qu'on puet apercevoir,

Sage, courtoise, amoureuse et secrée

Et tres plaisant, je ne me sçay doloir

Ailleurs qu'à vous, que vous avez pooir

De moy garir dou mal qui me mehaingne. Quant vous plaira, de moy merci vous prengne.

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