‹ Poésies lyriques. Édition complète en deux parties, avec introduction et glossaire publiée sous les auspices de la Faculté d'histoire et de philologie de St-Pétersbourg (volume 2)Chapitre 147 sur 353 · CII. — BALADE · texte numérisé non relu

CII. — BALADE

Le ! je voy bien que ma dame de pris

Est courroucie envers moy durement Et qu'en son cuer li desplaist, ce m'est vis, Ce que je sui lés li si longuement.

Si m'en iray à son commandement.

Mais s’elle tient son courrous envers mi, Mort m'ont li oueil dont premiers je la vi.

Helas ! dolens, maleüreus, chetis,

Je l’aim trop miex que tout le remenant

De ce monde, et se la serf et pris,

Doubte et desir de fin cuer humblement.

Las ! or me het. Si ne me sçay comment Reconforter, fors qu’en disant : ,,aymi!

Mort m'ont li oueil dont premiers je la vi”.

Et par m'ame, quant je seray fenis Pour li amer et servir loyaument, Celui perdra qui plus est ses amis Sans faintise et qui plus liement Est desirans de faire son talent.

Mais petis sui et po puis, dont je di :

,Mort m'ont li oueil dont premiers je la vi”.

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