OI (I
OI b1
S ee OU À t= ©
ns
‘ains 79 1A9 ‘à “OA (1)
910AP JU9UUWO9 19 j SUJOH 9JIBIA SNOP 91}S0A ‘ouEe(] [PNA 9] 9118} 9910] 159,7) 11098 U3 SUPSIPSIU 9S
aJnpie] Josuod sues wie f 1n0J91 ne sIw Ins of zuen() mb ve oweq
JNOJEA 2P SUP ; 2H
JnO[UA 9p ‘9]uoq 9
Joinpus |iona of ‘oweq juowonsuo] rw mb jeu noq 39192 1Nn0[0p eu onb sing 1dions e WU awuep eu 26 auuiajuio] Aow e nb juswuwo” o1jof wep s°noq
JNOJRA 9P SUP j WAY Jiuajureuwu sinofsnoy [iona 93ne407T JOUVI[IRA 9P SUP j 9H
SHILON S444V71V4 SNOSNVHO S471
4o,u swepeu {oa ou of juenê)
ABIAIA WO9 jue} ‘otuep 9°n0(]
Auaide W Joue p sneUW S2] 2LUPP vw juen() situe snop ‘snoa 9p ns 1jqno us nb sinq
M ON © + uw © t|= ©
‘at
‘HAX QU ?j0u nv2pu04 np spu8vdw032y (+) "IAX QU pJOU nv2pu04 np 2puSvfw023Y (£)
"AX U 9J0U nDapuot np souÏvdwo33y (Et) 91U2p92948 21403 27 JD (1)
g£ 29}IOJUO9 1S INS 3n0} 2] ‘8É LE L£ 9QU 9J1n94 auuoq 9p ins }noW ‘L£ S£ S£ | £e 9£ finof neiq a] anb ajeq sn! ‘9£ 2: p£ |(+)cé S£ {sotyose top a 352 mb Jon 71} *S£ ££ £e |(£)1£ p£ { sapnovs sind sw ou af} -+£ 9£ 9£ t£ juswsopuojied 11dsnos 9 aG *££ (4: oz | z£ |(r)ot ££ za31odtue 19n9 uowu aweg ‘tÉ£ 1£ 1£ 1 juewueAp un nb sinp snjq ‘1É£ Of | HZ ti | of Of odsp ow juswuar] ‘of 6z | zz £1 | 6 | 6z 6c Aoa snoa ou af 2s ‘ins sIOW ‘67 ec | Z ci | ge | gc Le Josuod I JIM ‘g Le g1 | /z | Le gz 1J09S9p Un eu Jon uoOW UT ‘Le 9c Li OZ 97 ot J9n0 TU ‘2][[9q }9 ouuoq S91L ‘97 Sz |(1)7 61 | Se | Sz Sz Jo31od 40 ‘Sc tz | £e ze | bz | te ba fapsuod 3j0} uoiq e sp} ‘be £z | oz 1z | £a | £e £z JUOWUAI] 210JA1A af ‘É£z zz | ce ze | ze tt 2IW 359 LU 93nv407] GS ‘ze 1e | 12 1Z | 1e 1Z JIU9ANOS SNOP 9] AWL(] ‘IT oz | 61 11 | oz | oz oz a1ojuod91 au Joue p 2S ‘ot 61 | 81 O1 | 61 | 6: 61 2INJCN “IN99NO(T ‘nel ‘xo1(] ‘61
mn | mme À unes | ———"…— | mme | ue
Il convient de procéder d’abord à l'examen des sources.
M et R sont d'excellents manuscrits, mais incomplets; ils ne contiennent pas les pièces notées, de plus les lais (1x, x, x et xvu1) y sont transcrits sans notation musicale. La Prise d'Alexandrie, comme le prouve l’explicit de R, ne se trouvait sans doute pas dans leur original commun. Les complaintes manquent également. Ce sont donc les Dits et les poésies lyriques non notées, qui constituent, pour la plus grande partie, le contenu des deux recueils.
Si la place occupée dans M et R par les poésies lyriques les rapproche de BF/JN, par contre, celle qu’y tient la Chanson desesperée (iv) caractérise les deux premiers manuscrits. De toute façon, on retrouve dans À et R le même plan, et l’ordre dans lequel s’y succèdent les poésies lyriques est identique de part et d'autre. En voici le relevé :
R : n°* 1-22... [2 feuilles perdues] = 1-Xxx11... (de notre édition) 23 et 24 — CLV et CLX
( 12 feuilles ou, 25-47... } environ 84 piè- { = LII-CXII...
| ( ces perdues \
M:n°" 1 — 2 = I — XLVI 26 — 32 = CXLII — CLX 33 — 57 Æ= LIL — CXXXIX 58 — 86 —= CLXXI — CCLII 87 —= xcIv 91 = CCII 88 = cxv 92 — CCXXVIIN 89 = LxxxI 93 — CCXXXI 90 = CXXVII O4) AIT.
L'ordre adopté dans la partie centrale de M et R diffère de celui des autres manuscrits : les n° 25-47, 33-57 nous ramènent en arrière. Îl en est encore de même dans M pour les n°° 87 et suiv. On supposera difficilement que cette dernière série, 87 et suiv. (+ 63, 64), du moins telle qu'elle se trouve dans M, ait comblé la lacune qui se remarque dans R : ce dernier ne renferme ni le n° 87 ni le n° 89 (d’après M).Ce sont deux ballades. M, il est vrai, omet toute une série de pièces
contenues dans R ; mais les pièces omises sont exclusivement des rondeaux (d’après notre édition, xXvII, LIV, LXXVIII, CIV, cxut) : M ne renferme que des ballades et des virelais ; les pièces intercalées appartiennent égalemement au genre ballade (63, 64 ct 94-117) (1). — Le groupement des lais dans M est un peu différent de celui de À. D'ailleurs, il ne faut pas oublier que le fol. 126 manque dans À. La fin du Dit de la Harpe qui a disparu ne renferme que 75 vers, tandis que la feuille de ce manuscrit peut en contenir de 150 à 160.
L'analyse comparative des textes fera encore mieux ressortir la parenté de M et de R. La plupart des variantes de R, par rapport au texte de notre édition, se retrouvent dans M; mais ce dernier offre en plus des variantes spéciales dont quelques-unes se rencontrent aussi dans BDF/N (cf. la Loange des dames, 1v 20, x11 4). Ainsi donc M et R forment une petite famille dont nous désignerons le prototype par x.
Quelques mots sur cette partie de M et R qui suit les lais. Les fragments sur la Fortune (M et R) appartiennent au Voir Dit {p. 333 et suiv.) (2). Le Dit de la Rose se rencontre sous le même titre dans C et K. Chastel d'amour, qui n'est qu’une série de questions galantes et nous a été conservé dans un grand nombre de manuscrits, n'appartient pas à Machaut (3); de même le Dit dou Cerf blanc que M. Grôber croit pouvoir attribuer à notre poète (4), le Cog-à-l'âne qui ne se trouvent que dans M et l’Eniome en vers, où le poète
(1) Le n° 64 appartient à la série des ballades notées. Îl n'est pas sûr que les n°* 63 et 94-117 soient de Machaut. La même incertitude existe par rapport au n° 6 (v. la Loange des dames, p. 236), qui ne se trouve que dans R. Il est vrai qu'une petite pièce de ce genre pouvait facilement s'égarer. Toutefois on ne peut en dire autant des n° 94-117 dont le style rappelle moins celui de Machaut. Ce n'est pas là certainement une raison suffisante pour rejeter ces pièces ; mais si l'on y joint ce fait qu’elles ne se rencontrent que dans M, on devra reconnaître que leur authenticité soulève des doutes. Je donne ces ballades en Appendice; peut-être des recherches ultérieures permettront-elles d'en fixer la véritable attribution.
(2) Je ne peux identifier pour le moment le fragment sur le même thème intitulé : Comment Titus Livius figure l'ymage de Fortune.
(3) Voy. la Romanta, xi11 (1884), p. 503 et suiv. (P. Meyer).
(4) Grundriss, p. 1045. — Des arguments contre cette attribution ont déjà été apportés par M. Hoepffner dans la Zs. für rom. Phil.,xxx, p. 403.
nn Pom,
nous donne à deviner les noms des dames qu'il a servies, jeu d'esprit conservé dans M et R (1).
(1) Voici le texte de cette pièce d'après M. L'article cité de M. Hoæbpffner a paru au cours de nos recherches sur les manuscrits de Machaut, lorsque nous avions déjà réussi a trouver le mot de la plupart des énigmes ci-dessous :
Je commence le nom que j'aime d'amour fine.
Se savoir le volez, -7- plaint il convient mettre.
Pour l’acomplir et faire entierement ne fine.
Or vous vucilliez adont du savoir entremettre. (— Jehanne)
Apres ce non te di que le seurnom ferés,
Non mie de dolour, ains de bel solas més,
En ce mot nulles letres, plus ne mains, ne metrés, Ains de ce de :+j -c justement osterés. (2?)
Celle pour qui Amours si fort m'arguë
Rit et chante, quant me voit maint mal traire Pour li de qui (ou fait) puet on le non atraire De cestui dit, [du premier à l'issue].
Quant vous trouverez -j: perron,
Ne le laissiez ja mais ester,
Tant qu'il vous ara dit le nom
De celle que j'aim sans fausser. (— Peronne).
Le nombre de (Par):(s) prenez
Et ostez tout voir de sa{voir),
Du contraire le lait, s'avez
Le nom de m'amie pour voir (— /sabeau)
Se de celle qui mon cuer a
Veulz savoir le non sanz doubter,
Le franc otse(l) le te dira,
S'à droit li scez une elle hoster. (= Françorse).
De la moitié d'un chappellet
Et de :v: fleurs de violete
Faites li non de m'amiete;
N'est-il pas bel et joliet > (?—— M. Hæœpffner, /.c., suppose Olirete)
Se le nom ma dame voulez, Au revers st la trouverez. (— Afis)
Prenez du laït tout le contraire
Et on vous dira en la fin
Le non ma dame debonnaire
Que j'aim de cuer entier et fin. (? — M. Hæpffner : Toute Belle ?)
(L)angues sanz nombre faut avoir Pour le nom m'amie savoir. (? — M. Hæpffner : Agnès)
Ne pren fors que ma (dame j rie
Et li oste sa seïgnorte,
Si ne demourra que le nom
Qui Dicu croisse honneur et renom. (— Marie)
Passons maintenant au groupe BDF/N.
Dans DN, même plan. Leurs variantes par rapport à notre texte sont la plupart du temps identiques. Mais si N possède quelques variantes propres, D en renferme un certain nombre qui, en l’éloignant de N, le rapprochent des autres copies du groupe. D nous présente une copie peu soignée, avec beaucoup d'erreurs et de lacunes (1). L’omission des virelais xxxin et surtout xxx et xxx1 est peut-être le résultat d’une simple négligence ; de même pour la troisième strophe de la ballade non notée CLxXx qui, omise également dans F, se retrouve au contraire dans À, et pour la rubrique fautive de la chanson baladée sans notation ccv (N : virelai, DF : balade). Mais on rencontre encore dans ce manuscrit des négligences plus caractéristiques. À côté des variantes spéciales à D (Loange des dames — xv $, XLVI 4, XLVIH 7, Li 18, LXVI 6, CVII $, CXL 12, CXLII 11, CLVI 10, CLXXXIV 23, CXCVII 11, CCIV 10, CCXVIL 6, CCXLIV 5, CCXLvIII 3 et autres ; Laïs — 1 283, 11 96, vi 164, vit 25 et autres ; Ball. notées — xLn 19 et autres), on en trouve dans ce manuscrit toute une série d’autres qui lui sont communes tant avec le reste du groupe qu'avec B}] (2), et surtout avec F° (3). Le manuscrit }° est apparenté au groupe DN. Fest une copie fragmentaire qui renferme de nombreuses variantes par rapport à notre texte. S'il en est parmi elles qui n’ont aucun sens (4), d’autres, au contraire, sont assez rationnelles (5).
Pour ce qui est de la répartition de leur contenu, F'et DN sont identiques. La comparaison de F' avec BDEJMNR au
(1) Loange des dames — xLvir 3, 4, 8, xL1X 7, L 3, Lv 15 et suiv., CX 15, CXxXXV 6, 15 ; Lais — vi 82 et autres.
(2) Loange des dames — xv 10, xxi1 4, xLvII O0, cLvnir 12, 18, cuix 2, ccxxxvi8, Complaintes — 1 175, 225; Lais — in 4.
(3) Loange des dames — xiv 9, xLiv 20, Lxv 6, cxL 10, czxr 11,
CLXII 14, CLXVI 12, CLXVIII 2, CLXXXVII 7, CXCIV 8, cct 7, CcIV 16, cexiv 4, cexix 33 Complaintes — 1 93, 151, 249 etc.
(4) L. des d. — xLvi1 9, xLIx 7, LxXI 9, 20, cvit 13, cxL 11, cxenit 5, CLVI 19, CLVII 3, CLVIII 1, CLXXIII 3, CLXXVI 19, CLXXX 6, 18, cLxxxvi 5, CLXXXVIII Z, CCII 13 et autres.
(s) L. des d., — Vi9, 215, LIT 12, xcvI 13, xcvrir 7, cv 11, cexvin 6, CLxIX 133 — Compl. 1 217 et autres.
ae NE
point de vue de la formation des pièces et des couplets confirme cette remarque. On peut en juger par le tableau ci-après :
Loange des dames : 11 — BD(E)FI]N Lx, — BDEF]JMNR xcur — DEFJN cn — D(E)FJMNR
cxxxvi — BDFN czxiv — DEF(])N cexxiXx — DF(])N
Les sigles entre parenthèses indiquent les omissions. — En laissant de côté M et R et les copies incomplètes Bet E, si nous rangeons les manuscrits d’après leur degré de similitude, nous obtenons la série suivante : FDNJ ou FND].
La statistique des variantes du groupe DF/JN confirme ce résultat, sauf que / se rapproche davantage de F, ce qui donne la série F NJD (J et D sont à peu près sur le même pied par rapport à F)(1). On pourra donc figurer comme il suit les relations entre F'et DN :
Passons maintenant aux manuscrits B et }, ce dernier remarquable entre tous par ses miniatures et sa calligraphie. B est un fragment, qui porte en tête la rubrique suivante « Ci commence Guillaume de Machaut son livre. Et premierement commencent les balades et les rondeaulx » ;: maisil ne renferme en réalité que 95 ballades et rondeaux non notés, correspondant aux n° 1-cuir1 de notre texte sauf s7 n° omis (2). L'ordre des pièces dans B et / est identique. L'ensemble des
(1) DEJN : L. des d.—LxxvI 17, LXXxIV 6, CI 2, CxXVI1 2, CXX VII 15, CXLVI 9, CCX 2, CCxVIII 13, coxxit 8, ccL 15, cout 23 ; Compl.— 1 18, 48, 145, vi 37.
DFN : L. des d. — civ 4, cc 9, covi 1, 5, 9, cexviir 18. cexxxir 9; Compl. — 1 50.
F]J : L. des À. — cLxv 7, cLxxxIn1 5, Lxv1 13, cLxxv 8, coxvint 27, cexuurt 4; Compl. — 1 151-2, 246, v 4.
(2) N°° cxxi-cx. CxxIX-CXXXV, CXXXIX, CXLI-CXLVIII, CXLIX-CLIII.
compositions lyriques est précédé d’un Prologue qui renferme dans les deux manuscrits quatre ballades.
La comparaison des textes du Prologue permet d'établir la parenté de B et de /, parenté qui ressort également de l'étude des compositions lyriques. Pour B et /, mêmes omissions et mêmes détails de forme dans les n°* 11 et Lxvi (non notés). Par rapport à notre texte, B contient trois sortes de variantes : des fautes de copiste, des variantes propres (1) et des variantes qui lui sont communes avec d’autres manuscrits,en particulier avec } (environ 70 °/,) (2).
J est une copie beaucoup plus complète que celle que nous venons d'analyser. La place qu'y occupe le Lay de plour nous permet de la rattacher au groupe DNMR (et À).
On y observe cependant quelques divergences, par rapport à l'ordre traditionnel, dans le groupement des pièces de différentes sections, mais la raison d’être de ces divergences nous échappe parfois. Ainsi dans la section des Dits,le Remede de la Fortune vient immédiatement après le Dit dou Vergier ; onainterverti l’ordre du Confort d'ami et du Dit de la Fontaine amoureuse. Dans le groupe des complaintes, le n° vins est omis, ce qui permettrait de supposer que le manuscrit / est antérieur à 1370. Contrairement à l’usage traditionnel, les complaintes constituent un groupe tout à fait à part, où l’on ne rencontre pas d’autres pièces intercalées ; le n° 11 est relégué à la fin. Par contre, les rondeaux notés sont disséminés parmi les motets, mais dans un ordre différent de celui qui avait été adopté jusque là. La section des lais compte deux pièces
(1) Elles ne sont pas rares; voy.: Loange des dames — 11 3, 111 23-24, VII 15, XIV 10, XIX 11, 42, XXI 5, XX1V 8, xxx11 6, xXXIII 10, XXXIV ©, 13, XLVII Q, Li 19, LVII1 20, LXI 13, LXII 10, 22, LXIII 1,CXIII 11 et autres.
(2) B = J : Loange des dames — 11 11, 111 10, 1v 20, vu, vi 15, xiv 8, XV 10, XVII 20, XIX 40, xx11 8, 11, XXII 5, 15, XXV 13, XL 5, XLI O, XLV 36, XLVI 3, XLVII 26, XLVIIT 33, 52, LVII 4, LVII 15, LXIV 3, LXVI 8, Cxunt 16, CxVII 2, 18, cxxxv 6.
ABC] — xivur 34
ABFJMR — xxn 11
BDEEJN — xeviss 52
BDEJMNI — 1xtr 17
BFJN — xivn 26
BDFJMN — 1v 20, xur 0, Lvnr 15, cxxxv 6 BDFMR — xxvti 2
BD — xv 10
BDJMNR — rxvr 8.
nouvelles qu’on ne retrouve pas ailleurs. Cependant le caractère de la copie, le style de ces pièces, les détails historiques que nous y puisons (cf. ci-dessus, p. xLir1) ne nous permettent pas d’en suspecter l’authenticité.
Il est à croire que ces transpositions ont été faites en vue d’un classement plus régulier.
Quant aux rondeaux notés, ils ont été transcrits, pour plus de commodité et à cause de leurs dimensions restreintes, au bas des pages occupées, en partie seulement, par les motets. On sait d’ailleurs que ces derniers comprenaient parfois des rondeaux comme partie intégrante.
Dans la section des pièces non notées, les ballades, les chansons royales et les rondeaux sont groupés dans l’ordre suivant :
n° 1-54 — ballades $5-60 — chansons royales 61-190 — ballades 191-236 — rondeaux
Aucune des pièces comprises dans la section des compositions notées ne figure ici (1). Les n°*cxiv, cLxiv, cxci, cexvni, CCXXIV, CCXXV, CCXXVI, CCXXXVII et CCXLvI ont été omis, probablement par mégarde.
Dans le groupe des lais, les pièces non notées sont généralement mises en tête ; mais il y a des exceptions. On ne s'explique guère les transpositions introduites dans le groupe des lais notés, ainsi que dans ceux des rondeaux et des virelais notés.
Ne figurent pas parmi les ballades et les chansons baladées notées les doublets qui font partie du Voir Dit (2). Il en est tout autrement pour les doublets des rondeaux (3).
L'examen du texte de } confirmela classification des manuscrits adoptée plus haut. Le contenu du Prologue est le même
(1) V. n° xxx1x, CXLVIII, CLXXVII, CLXXXVIII, CXCV, CCI, CCIII, CCIV, CCV, CCXXIX, CCXXXI, CCXXXIN, CCXLVII, mais les n°° vii, X, XV, CLxxxI1 ont gardé leurs places.
(2) Excepté le virelai xxiv.
(3) Des trois doublets un (n° xiv) a été omis.
dans / que dans B. La statistique comparée des variantes de BDFJ]MNR, dans les limites de B et abstraction faite des pièces qui ne sont pas communes à tous les membres de ce groupe (1), donne le schéma suivant :
J—-B—— DN — F—— 3% (ou MR)
Supérieur sous le rapport artistique aux manuscrits qui lui sont apparentés, / leur est inférieur par un texte défectueux qui contraste fâcheusement avec le fini de son exécution.
Il nous reste maintenant à analyser le groupe des manuscrits A, E, Cet K.
E est le plus incomplet. C’est surtout un recueil des poésies lyriques notées et non notées (2).
Le contenu des sections qui le composent est moindre que celui des sections correspondantes des manuscrits DN/J qui appartiennent à la même famille. La série des pièces notées
(1) JB: L. des d. — 111,111 10, 1v 20, vi 15, x1v 8, xv 10, xvit 20, x1X 46, xx11 8, xx1I1 5, xxv 13, xxix 8-21, xxxvir 8, x11 9, xLv 36, xLvi1 3, LI 15-21, LVII 4, LVIII 15, LXIV 3, LXVI 8, 15-21, Lxix 8, cx 10, cxuit 16, CXxxv 6.
JD : L. des d. — 1v 20, xv 10, xxII 4, XLI1 Q, LI 15-21, 17, LVII 15, LXVI 15-21, LXIX 8, CX 10, CXxxxv 6.
JN : L. des d. — 1v 20, xx11 4, XLI 9, XLVII 19, 26, LI 15-21, 17, LVIR 15, LXIV 3, LXVI 8, 15-21, LxIx 8, Cx 10.
JF : L. des d. — 1v 20, xxiI 4, 11, XLI 9, LI 15-21, LVIIT 15, LXIV 3, LXVI 8, 15-21, Lxix 8, cx 10.
JM : L. des d. — iv 20, xxti 4, 11, XL1 9, LV 15, Lxvi 6, 8, 15-21.
JR : L. des d. — xxn 4, 11, vit 15, Lxvit 6, 8, 15-21.
(2) La section des Dits n'y est représentée que par cinq compositions disposées dans l'ordre traditionnel, sauf le Dit dou Vergier, intercalé entre le Dit de l'Alerion et le Dit dou Lion.
Le Lay de plour, dans E comme dans C et K, a pris place dans la section des lais.
La section des poésies lyriques non notées précède immédiatement la partie musicale du recueil : il en est de même dans A, C, K.
Contrairement à la tradition, la partie musicale débute par une série de virelais disposés dans l'ordre habituel. Puis vient la section des ballades et des lais également dans l'ordre accoutumé. Les lais se partagent en deux séries, l’une des lais notés, l'autre des lais non notés. La dernière partie du recueil consiste en divers petits groupes de ballades, de rondeaux et de virelais notés.
s'arrête au n° cc. Les complaintes ont été omises, les sections des lais et des pièces notées sont incomplètes.
L'examen du texte de E nous permettra d'établir plus nettement les rapports de ce manuscrit avec les autres.
Si l’omission du 3° couplet dans les n°° Lxvi, xcur et CLxIv (section des pièces lyriques non notées ; le n° cv manque dans Æ)lui est commune avec le groupe BDFJMNR, par contre il se rapproche plutôt de / par le contenu du n° cxxxvi (1). Du reste, E a encore avec /, dans les autres sections, plus d’un point de contact. Les variantes de la Loange des dames, dans les limites de B, décèlent une certaine parenté entre B et E (2); dans les limites de E, elles établissent entre ce manuscrit et DNF)] des rapports analogues (3). La comparaison des lais rapproche plutôt E de J (4), tandis que celle des pièces notées le rattache à DAN (s). Ainsi donc deux sections
(r) 2 couplets dans BDFN, 3 couplets dans EJ. (2) Voy. la note suivante. Nous avons mis entre parenthèses les numéros qui sont omis dans le ms. B.
(3) BE : vi 19, vit 16, xx11 4, XLVI11 52, Lvtr 15. AE : vi 16, xxv1 33, XXV11 3, LVI 15, Lx1V 3, (Lxx1x 9), CxCVI 117 10. DE: xrvri1 52, Lvr15,(xcv 18),\cv 3), cLxxx 23,(cLxxx1v 20), cLxxxvI 1 7, CXCVIII 19.
NE: xevitr 52,1vi15,(xcv 18),(cLxxxiv 20), cLxXxVI 19-20, CLXXXVI1 7, CXCVII1 19.
FE : xrviix 52, Lvr 15, (Lxx1x 9), (xciv 3), (xcv 18), (cv 3), cLxxx 23, (CLxxxIV 20), CLXXXVI 19-20, CLXXXVII 7, CXCVIII 19. JE : xevrir 52, (xcrv 3), (xcv 18), (cv 3), (cxzr 19), cLxxx 23, CLIXXIV 20, CXCVIII 10. | (4) AE : 1 18, x 78, xx11 43, 50.
DE : 111 174, v 180, x 94, xx11 50.
.« NE: 111 174, v 180, x 94, xt11 209, xx11 50. JE : vw 180, 1x 22-24, 22, 23, 50, 81, 82, 116, 117, 126, x 78, 94, XI 79, XIV 28, 92, xx11 43.
(s) Motets: DE — 11 8, vrrr 24, xvr 67.
NE — xvi 67.
JE — 11 8, xvi1, 22.
Ballades : DE — 1 s, v 13, vi, 22, x1V 12.
NE — 15, v 13, vi 22, x1v 12. JE — 15, v 13, vi 22.
Virelais : DE — 1 24, 11 6, x1 7, xvins 14, xx 31. NE — 1 24, 11 6, x1 7, xvu 14, 25, xx 31.
JE — 116, 111 14, v 5, x 36, xx 31.
AË — xvur 14.
déposent en faveur de / (B est étroitement apparenté à }, comme nous l'avons déjà vu); ce qui nous permet de rattacher E à la famille BJ, dont les rapports avec le groupe DNF ont été exposés plus haut.
À occupe une place à part parmi les autres manuscrits. L'auteur de ce recueil s’intéressait surtout au texte des poésies de Machaut. Il a laissé de côté non seulement la musique des ballades, rondeaux. virelais et lais, mais encore la Messe (1) et les motets, c’est-à-dire ses compositions musicales proprement dites.
Mais le contenu de À est beaucoup plus étendu que celui des manuscrits qui lui sont antérieurs et que nous avons analysés plus haut. Sans doute le recueil des poésies de Machaut s'était augmenté de compositions nouvelles ou de poésies tombant pour la première fois dans le domaine public. L'ordre des compositions adopté dans À est dans son ensemble l'ordre traditionnel. Le Lay de plour y occupe la même place que dans DN/MR ; quant aux Dits, les pièces de la Loange des dames (sans les déplacements de }/), les complaintes (comme dans DNF), les ballades, les rondeaux (petites divergences avec DAN) et les virelais notés, ils sont transcrits dans leur ordre traditionnel. — Mais presque chacune des sections sus-mentionnées se trouve augmentée de pièces nouvelles. À la section des Dits s'ajoute le Dit de la Marguerite. Les ballades n°° Lxvi, xour, cvirr et cxxxvi de la Loange des dames ont chacune 3 strophes comme dans C et K ; dans la même section ont été intercalées quatre pièces qu’on retrouve dans CÆ (cexxui-cexxvi), le doublet n° 258 — 246 qui est aussi dans Cet les n°* 263 — 271. Le groupe des complaintes a une pièce en plus, le n° vu: : celui des lais à subi quelques transpositions, qui sont propres à cette copie, et des additions nouvelles par rapport à DEJN.
La section des ballades et des rondeaux notés a les mêmes
(1) Voy. sur cette messe Kiesewetter, Geschichte der europaisch-abendlandsichen Musik, Leipzig, 1834, p. 40.
ee, D gt me nes se ee
dimensions dans À que dans C ; à celle des virelais ont été ajoutées quelques pièces qui la rendent semblable aux sections correspondantes de C et de K.
Cette série d’additions rapproche À de C et de K, mais surtout du premier. |
Les pièces lyriques non notées et les complaintes qui s’y rattachent sont placées dans À après les Dits, de telle sorte que toutes les compositions lyriques y forment un tout à part, comme dans C et K (en partie E). Le Lay de plour figure deux fois dans le manuscrit, d’abord à la place habituelle, puis, comme dans CK, à la section des lais.
L'examen du texte de À confirme les résultats précédents(1) en montrant ses points de ressemblance avec BDN]FMR, et surtout avec C, puis avec DN et ].
Je passe à C et K,, les plus complets de tous nos manuscrits; K est sous ce rapport supérieur à C.
Ces deux copies sont conformes au plan traditionnel. Elles ont un Prologue développé que suit immédiatement le Dit dou Vergier.
(1) L. des d. : AB — vir 16, xxit tt, XLVII 33, LVI 15, Cxvir 18.
AC — xiv 3, xxI 13, XXVI 33, XLVIII 33, LIIL 3, LVI 15, LXIV 3, LXV 5, LXXXII S, LXXXIII 7, LXXXVIII 5, CI 2, CXXXI 18, CLV 1, CCxxVI1 18, CCXLII 7, CCXLVI 18, CCLXI 0.
AD — xxr 13, Lvr 5, cxvir 18, cxxxi1 18, CLV 1, CLXXXVII 7, CXCVII 7, CCIV 21, CCX 7, CCXVII 12, CCXXI 5, CCXXXIV 5, CCXXXIX 22, CCXLVI 18.
AN — xxr 13,11 8-21, xc 20, cxvit 18, cxxx1 18, CLV 1, CLXxXxVI1 7, CCIV 21, CCX 7, CEXVII 12, CCXXI 5, CCXXXIV 5, CCXXXIX 22, CCXLVIL 18.
AJ — xxit 11, XXIV 12, XLVII 33, XC 20, CXVII 18, CLV 1, CCxVII 12, CCXXI 5, CCXXIIL 21.
AFF — xxir 11, XXVI 33, LVI 15, LXXIX 9, LXXXII 5, CXVIL 18, CLV 1, CLXXXVII 7, CXCVII 7, CCIV 21, CCXVII 12, CCXLI 7.
AE — vir 16, xxvi 33, XXVII 3, LIII 3, LVI 15, LXXIX 9, CLV 1, CLXXXVII 7, CXCVII 7.
AM — xiv 3, xx1 13, XXII 11, CXCVII 7, CCXLVI 18.
AR — x1v 3, xx 13, xxn1 11.
Complaintes : AC — vi 943 ADNF x 18; AJ 1 18, vr 18.
Lais : AC — 1v 12, v 62, vin 47, x 78, x1x 190; ADN — 11 29, V 93, v1 91; ÀE — 11 20, v 42, 62, 93, viti 47, x 78: AJ — 11 29, v 42, 44, 62, 93, x 78, 160.
Ball. notées : AC — rv 13, xxix 23; ADN — xxix 23; A] — 1v 13.
Les Dits sont placés dans l’ordre habituel, mais avec quelques additions. De plus, le Voir Dit et la Prise d'Alexandrie sont compris dans cette section. La classification des pièces est plus méthodique que dans les autres manuscrits, et sous ce rapport À l'emporte sur C. Ce dernier, comme À, place les pièces lyriques non notées à la fin du groupe des Dits, telles que nous les retrouvons dans DNJMR ; les Dits nouveaux ne viennent qu'après; avec le Voir Dit et la Prise d'Alexandrie, ils servent de transition à la section des pièces notées. De plus, le Dit de la Marguerite est intercalé entre la Loange des dames et les complaintes, ce qui n’est pas absolument conforme à une classification rigoureuse. X met la Loange des dames à la fin des Dits et la rattache aux complaintes. Le petit Dit de Lys et de Marguerite n'est pas non plus à sa place. Les pièces lyriques notées suivent dans CX l’ordre habituel.
Grâce à l'apport de nouveaux matériaux, les cadres de ces différentes sections ont été élargis. Nous avons déjà parlé du Prologue. Le nombre des pièces lyriques non notées est dans C de 268 et dans X de 273, toujours dans l’ordre adopté. On peut cependant observer, dans K, un essai de classification plus exacte. Toutes les pièces en musique y sont,en eflet, réparties dans les sections correspondantes (font exception les n° cxLvin, cLxxv et cLxxvit). La pièce « Deux choses sont qui me font à martire » est mise à sa vraie place, dans la section des complaintes. Le n° ccxxxix n’est pas répété, contrairement à C (= 251).
Outre l’omission des trois ballades mentionnées, il faut encore signaler dans X une lacune assez étendue (n° cLxxxvicexx) (1), dont je ne puis expliquer la cause. — Le groupe des complaintes, qui occupe une place à part dans les deux manuscrits, renferme dans X, si on le compare à C, outre le n° n, deux numéros supplémentaires, les n°* x et x1. Le n° x porte le nom de Machaut. — Dans la section des lais, rangés
(1) N°° coxxvins et ceuix sont omis ; n° xx1x, « Riens ne me puet anuier ne desplaire » est transcrit une deuxième fois à la fin de la section. « Douce dame, tant vos aim et desir », dans C, se trouve sous le n° 268.
comme dans DN, on a ajouté trois pièces nouvelles (n°° xixxx!) : la dernière (xx1r) ne figure pas dans KX.
Les ballades notées suivent, dans C et X, un ordre quelque peu différent de celui que nous connaissons. K s’écarte de C dans certains détails ; les n°* xxxr et xL sont transposés : xxxv est omis. Par contre, le n° xxnr occupe la même place que dans DNA , la place traditionnelle. Le groupe des ballades mises en musique comprend dans À deux numéros (xziv et xLv) de plus que dans C : on les retrouve du reste dans /. De même pour les rondeaux notés : K contient un numéro de plus que C (xx1). Le groupement des pièces est presque identique dans l’un et l’autre, et très rapproché de DN; dans Æ il est identique à À (1).
Le contenu de la section des virelais notés est identique dans C et KX. Mais, par leur classement, K se rapproche plus que C de DN et À : les n°° xxvir et xxvar, xxx et xxxur dans C sont transposés (dans À le plan traditionnel est modifié par le déplacement du n° 33).
On peut donc établir une parenté spéciale entre C et K. K est plus complet que C ; mais il s’en tient davantage au plan traditionnel qui se retrouve dans DNJBFMRA.
De l'examen du texte de C et K ressort également la nécessité de faire de ces deux manuscrits un groupe à part, qui occupera une place spéciale entre les groupes précités et À, son très proche voisin.
Dans À, en effet, comme dans CK, les ballades non notées n° LXVI, XCIII, CVII, CLXIV ont chacune trois couplets. De même, le dernier couplet du n° 11 de la Loange des dames ne porte pas la rubrique Guillaume.
Le Prologue de C et K est identique et appartient à la rédaction développée. Mais le texte C est plus près de BJ et reproduit même leurs fautes (cf. les v. 17, 49, 97, 98); ces dernières ne sont pas dans À (2), qui donne par ailleurs un
(r) « Vous dous regars, douce dame, m'a mort » — est déplacé dans C.
« Dame qui vuet vostre doux nom savoir », omis dans C, occupe la même place dans X et dans À (n° 17).
(2) Variantes spéciales de K:v. 91, 101, peut-être la rubrique du s° couplet.
certain nombre de variantes dont il est difficile d’expliquer la provenance (1). La partie nouvelle du Prologue est identique dans Cet K (2).
La section des pièces lyriques non notées porte dans K une rubrique spéciale : La Loange des dames ; alors que C et les autres manuscrits se contentent de signaler les différents groupes de compositions qui rentrent dans cette section. B ajoute en outre : Cr commence Guillaume de Machaut son livre et premièrement... ; de même dans EF : Cr commence le livre mestre Guillaume de Loris (sic). La rubrique spéciale de À doit donc être mise au compte du poète.
L'analyse du texte des pièces lyriques confirme les relations de parenté établies entre C et K. Qu'il me suffise de rappeler à ce propos les variantes suivantes : la Loange des dames — LXX 15, LXXXIN 7 ; Complaintes — v 36, vi 147; lais — 1 271, VO3, iX 92 etc. Sans revenir sur les rapports entre CÆ d’un côté et À de l’autre, notons que C, lorsqu'il s'éloigne de À, se rapproche surtout des autres manuscrits complets (3).
L'étude comparative que nous venons de faire sur les manuscrits de Machaut nous a conduit à les grouper en un certain nombre de familles. Mais notre examen n'ayant porté
(1) Il s'agit des v. 51, 86, 94 — 104 — 114 et 100. (2) Variantes fautives dans K : v. 284-285.
(3) Loange des dames — vi 19 — CBE
x1V 3 — CAMR
xx1 13 — CADNMR
XXxIV 22 — CA
xciv 3 — CJFE