‹ Poésies lyriques. Édition complète en deux parties, avec introduction et glossaire publiée sous les auspices de la Faculté d'histoire et de philologie de St-Pétersbourg (volume 2)Chapitre 60 sur 353 · XXII. — BALADE · texte numérisé non relu

XXII. — BALADE

Soeurs fait meint amant resjoir, Mais il me fait toute doulour avoir ; Car il m’estuet tout adès souvenir (fol. 47 r°.b) De ma dame que j’aim sans decevoir, s Et quant ne puis ne sentir ne veoir La parfaite douceur dont elle est pleinne, Joie me fuit et doleur m'est procheinne.

Si n’est nulz biens qui me peüst venir, Car je sui tous cheüs en desespoir ;

10 Et c’est raisons qu'il me doie fuir, Quant je ne puis les doulz biens recevoir Qui m'ont tenu en gracieus espoir.

Et quant Amours de moy grever se peinne, Joie me fuit et doleur m'est procheinne.

15 S’ay moult plus chier de ma doleur morir Que pour amer languir et main et soir, Car l’ardure de mon triste desir Me fait adès de plus en plus doloir ; Et quant je tais d’amer tout mon pouoir 20 Et ma douce dame m'est si longteinne, Joie me fuit et dolour m'est procheinne.

Page 1