‹ Poésies lyriques. Édition complète en deux parties, avec introduction et glossaire publiée sous les auspices de la Faculté d'histoire et de philologie de St-Pétersbourg (volume 2)Chapitre 62 sur 353 · XXV. — BALADE · texte numérisé non relu

XXV. — BALADE

Le loyauté, où mes cuers se norrist,

Et vraie amour qui est ma norriture, C'est ce pour quoy mes cuers en joie vit Et qu'il est pleins de gaie envoiseüre.

Car se loyauté n’estoit

Et amours qui le pourvoit

D'un espoir qui l’asseüre,

Riens garir ne le porroit,

Puis qu'amours li seroit dure.

Car puis qu’amours l’aroit pris en despit Et loyauté, qui tant par est seüre, Faudroit en li, jamais n’aroit delit, S'il n’estoit dont de trop maise nature, (fol. 47 ». a) N'amer nulz ne le devroit.

Et s’aucuns bons cuers l’amoit, I! feroit contre mesure, Et assez pis en vaudroit, Puis qu'amours li seroit dure.

Pour ce vueil je toudis, sans nul respit, Vivre en amour et en loiauté pure, Qu'avoir en puis si tres noble profit Com de merci qui par pité meüre.

Et s’aucuns amis avoit

De tous biens c’on penseroit

Plus que nulle creature,

Ja pour ce n’en gousteroit,

Puis qu'amours li seroit dure.

XXV.2. Le vers manque dans F ; sa norriture N ; est la souveraine E.

Page 1