‹ Poésies lyriques. Édition complète en deux parties, avec introduction et glossaire publiée sous les auspices de la Faculté d'histoire et de philologie de St-Pétersbourg (volume 2)Chapitre 85 sur 353 · XLV. — CHANSON ROYAL · texte numérisé non relu

XLV. — CHANSON ROYAL

(fol. 49 v°. a)

etes me fait desirer loyaument Si grant honneur, qu'assez plus chier l’aroie Qu’avoir trestout le monde quittement, Et encor plus, se plus avoir pouoie :

C'est que merci puisse avoir par amer.

Mais le forfait de si haut desirer Vuet penre Amours, qu’elle vuet que j'endure Autant de peinne et de male aventure Com mes desirs à joie avoir s’estent ; Et s’ont esté par son consentement Tuit mi desir fait en loyauté pure.

Jusqu'a la m. D J.

. Qu'eu ‘* n’aie D ; Que je n'aie F.

chier aroie M.

. Vuet viure E.

Comme d. /. ; avoir s'atent F.

. Tout mi d. J.

Et quant je sçay et voy apertement

Qu’à tout le mont puis comparer la joie Que je desire, je puis bien le tourment Que bonne Amour pour ma dame m'envoie, Ce m'est avis, à tous maus comparer ; Car cuers humains ne le porroit penser :

Eùürs me fuit, Pitez n'a de moy cure, Joie me faut, Scens, Raisons et Mesure, N'il ne m'est riens remés, fors seulement Un souvenir qui dolereusement

Est engendrés pour ma desconfiture.

Cil souvenirs me ramentoit souvent

Le dous viaire et la maniere coie

Dont je ne puis attraire aligement.

Helas ! dolans, c’est ce qui me desvoie

Et qui me fait dou tout desconforter ; Car li pensers fait ma doleur doubler,

Et mon desir croistre en ardeur qui dure, Et esperer qu’adès me sera dure

Celle que je comper si chierement,

Que cuers me faut et mes corps se desment, Quant sans pité voy sa douce figure.

Et c’est raisons, c’onques mais vraiement Dame n’Amours, à qui mes cuers s’ottroie, Ne firent leur pouoir plus asprement D'’autrui doleur croistre com de la moie,

tout le monde /.

. me fuit J.

. C'un souvenir M.

LS AR Po nn

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