‹ Poésies lyriques. Édition complète en deux parties, avec introduction et glossaire publiée sous les auspices de la Faculté d'histoire et de philologie de St-PétersbourgChapitre 151 sur 313 · Ne v. C, Mon v. J · texte numérisé non relu

Ne v. C, Mon v. J

(fol. ro5 vo. b) puis qu'en la douce rousée

D'umblesse ne vuet florir 30 Pitez, tant que meürée Soit mercis que tant desir, Je ne puis avoir durée, Car en moy s’est engendrée, Par un amoureus desir.

35 Une ardeur desmesurée Qu’'Amours, par son dous plaisir, Et ma dame desirée, Par sa biauté coulourée, De grace y ont fait venir.

40 Mais puis qu’einsi leur agrée, Je vueil humblement souffrir (ol. 106 r°. b) Leur voloir jusqu’au morir.

Su (Tenor).

IV. 30. Ms.: tant que amouree ; foutes les autres copies portent : t. que meuree.

(fol. 106 v°. a)

Sp UCUNE gent m'ont demandé que j'ay a 0 Que je ne chant et que je n’ay cuer gay,

«> Si com je sueil chanter de lié corage:

Et je leur di, certes, que je ne sçay.

Mais j'ay menti, car dedens le cuer ay *j: trop grief dueil qui onques n’assouage.

Car sans sejour ay mise ma pensée A bonne Amour faire ce qui agrée, Ne à nul fuer n’i pensasse folage:

Et je sçay bien que ma dame honnourée, Que je tant criem, si m'a ma mort jurée Par crueus cuer et par simple visage.

Car, quant (fol. r07 r.a) je voy son gracieus viaire, D'un dous ottroy me moustre un exemplaire Et si me vuet tenir en son hommage, Ce m'est avis ; mais aus doleurs retraire, J'ay -c: tant pis qu’on ne me porroit faire, Car nuls ne puet penser si grief damage Com le refus que ses durs cuers m'envoie :

Et si l’aim plus, se Diex m'en envoit joie, Que riens qui soit. Dont n’est ce droite rage? Certes, oïl; mais, pour riens que je voie, De ce peril issir je ne voudroie, Car tous siens sui sans changement de gage, Quant esperer me fait ma garison; Et c’est tout cler que monsignour Yvon Par bien servir, non pas par vasselage, Conquist l’amour dou grant lion sauvage.

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