‹ Poésies lyriques. Édition complète en deux parties, avec introduction et glossaire publiée sous les auspices de la Faculté d'histoire et de philologie de St-PétersbourgChapitre 250 sur 313 · XIII · texte numérisé non relu

XIII

UANT je sui mis au retour De veoir ma dame, Il n'est peinne ne dolour Que j'aie, par m'ame.

5 Diex ! c’est drois que je l’aim, sans blame, De loial amour. (fol. 157 vo. a)

Sa biauté, sa grant douçour D’amoureuse flame, Par souvenir, nuit et jour 10 M'esprent et enflame.

Diex ! c’est drois que je l’aim, sans blasme, etc.

Et quant sa haute valour Mon fin cuer entame, Servir la vueil sans folour 15 Penser ne diffame.

Diex ! c’est drois que je l’aim, sans blame, De loial amour etc.

(1) À : Balade.

E sans penser laidure Et ay lonctemps amé Celle où Diex et Nature Ont mis tant de bonté Que toute creature D'onneur a sormonté.

Or m'est dure Sans mesure, N'’elle n’a pité De l’ardure Que j'endure Pour sa grant biauté.

Sa maniere seüre,

Douce et simple, à mon gré,

Et la riche faiture

De sa plaisant biauté

Par leur douce pointure

M'ont conquis et outré.

Or m'est dure Sans mesure etc.

Mais ce n’est pas droiture

Qu'’einsi pour loyauté Soie à desconfiture, Car j'ai sans fausseté Ma dame nette et pure Servi et honnouré.

Or m'est dure Sans mesure, N'’elle n’a pité De l’ardure Que j'endure Pour sa grant biauté.

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