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NOTICE SUR GILBERT

butant se montre lui-même, quittant sa famille et sa province, pour venir demander à la capitale cette gloire dont il est altéré. Cette pièce, où le poëte exhale déjà des plaintes et des regrets, fut pour lui une cause de bien des chagrins. Il l'avait composée à l'occasion d'un concours académique dont le sujet était : le Génie aux prises avec la Fortune. Aucun concurrent ne fut jugé digne du prix, qui ne fut décerné que l'année suivante, et obtenu par La Harpe... La Harpe, qui devint le plus cruel adversaire de Gilbert!

En 1773, Gilbert présenta une nouvelle pièce au concours de l'Académie : VOde sur le Jugement dernier. Son œuvre ne fut pas même admise à concourir, malgré les beautés incontestables que les critiques les plus sévères y ont trouvées.

A partir de ce moment, le jeune poëte fut un homme perdu. Jusqu'alors il n'arait fait que se plaindre : il attaqua. Sa Satire sur le dix- huitième siècle le posa en ennemi ardent et résolu du mouvement philosophique. Il ne manqua, certes, ni d'esprit ni ae vaillance, mais, ainsi que le dit fort bien un écrivain, partageant cependant les principes professés par Gilbert: il n'était pas assez fort pour entreprendre cette lutte, et « il marcha seul sans être grand. » Puis, la misère était là, guettant sa proie, la misère et son hideux cortège : la maladie, la folie, ou du moins le dérangement d'esprit. Car il ne faut pas s'en rapporter absolument au récit de La Harpe sur la mort de Gilbert. Ce dernier l'avait, il est vrai, vivement critiqué, mais cette existence malheureuse, cette fin prématurée auraient dû désarmer la liaine la plus justifiée. Quoi qu'il en soit, la postérité, en lisant les vers écrits par Gilbert a l'IIôtel-DicHi, ne reconnaîtra jamais, dau.s ce mourant touchant

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et sublime, le grotesque et ridicule insensé dépeint par La Harpe.

Gilbert mourut donc à l'Hôtel-Dieu de Paris dans la salle Saint-Louis (destinée aux aliénés), le U novembre 1780, à l'âge de vino-tneufans.

L'hôpital conserva un souvenir du poète • on fit graver quelques strophes de sa dernière ode sur la muraille du vestibule des fondateurs.

Outre ses poésies, Gilbert a laissé quelques pages de prose dont voici les titres : Eloge de Leopold. duc de Lorraine; — Diatribe au sujet du prix académique ; — Réflexions de hiibert sur sa Satire du dix-huitième siècle; — Lettre à M. Imbert: — Le Carnaval des Auteurs, ou les Masques reconnus et punis.

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