SCÉXE PREMIÈRE CHLOÉ, LISETTE
Eh quoi I mademoiselle, encor cette tristesse ? Comptez sur moi, vous dis-je : allons, poiutde faiblesse,
CHLOÉ
Que les hooimes sont faux et qu'ils savent, hélas ! Trop bien persuader ce qu'ils ne sentent pas 1 Je n'aurais jamais cru l'apprendre par Valère ; Il revient, il me voit, il semblait vouloir plaire : Son trouble lui prêtait de nouveaux agréments. Ses yeux semblaient répondre à tous mes sentiments : Le croiras-tu, Lisette, et qu'y puis-je comprendre? Cet amant adoré, que je croyais si tendre, Oui, Valère, oubliant ma tendresse et sa foi, Valère me méprise I... il parle mal de moil
LISETTE
Il en parle très-bien, je le sais, je vous jure.
CHLOÉ
Je le tiens de mon oncle, et ma peine est trop sûre : Tout est rompu : je suis dans un chagrin moi teJ,
LISETTE
Ouais I toutctjci me passe et n'est pas naturel;
Valère vous adore, et fait celte équipée I
Je Yois là du Cléon, ou je suis bien trompée.
Mais il faut par vous-même entendre votre amant;
Je vous ménagerai cet éclaircissement
Sans que dans mon projet Florise nous dérange.
Ma foi, je lui prépare un tour assez étrange,
Qui l'occupera trop pour avoir l'œil sur vous.
Le moment est heureux. Tous les noms les plus doui
Ne reviennent-ils pas ? C'est « ma chère Lisette ,
Mon enfant » On m'écoute, on me trouve parfaite.
Tantôt on ne pouvait me souffrir : à présent,
Vu que pour terminer Géronte est moins pressant.
Elle est d'une gaîté d'une folie extrême.
Moi, je vais profiler du moment où l'on m'aime :
Dès qu'à tous ses propos Cléon aura mis fin,
c II est délicieux, incroyable, divin. »
Cent autres petits mots qu'elle redit sans cesse...
Ces noms dureront peu, comptez sur ma promesse.
Géronte le demande ; on le dit en fureur :
Mais je compte guérir le frère par la sœur.
CHLOé.
Eh I que fait Valère ?
LISETTE
Ah 1 j'oubliais de vous dira Qu'il est à sa toilette, et cela doit détruire Vos souprons mal fondés ; car vous concevez bien Que s'il va se parer, ce soin n'est pas pour rien.