‹ PoésiesChapitre 132 sur 150 · ACTE IV, SCÈNE VU · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE VU

Vous Btes au- dessus de tous les différends t Vous Terrez simplement que c'est quelque nuage; Cela finit toujours par s'aimer davantage . Géronte a sur le cœur nos persécutions Sur un part' qu'en yain vous et moi conseillons. Moi, j'aime fort Valère, et je vois arec peine Qu'il se soit annoncé par donner une scène ; Mais, soit dit entre nous, peut-on compter sur luif A bien examiner ce qu'il fait aujourd'hui, On imaginerait qu'il détruit notre ouvrage, Qu'il agit sourdement contre son mariage ; S veut, il ne veut plus : sait-il ce qu'il lui fautf Il est près de Ghloé, qu'il refusait tantôt.

ARISTE

Tout serait expliqué si l'on cessait de nuire, Si la méchanceté ne cherchait à détruire....

CLÉON

Oh bon ! Quelle folie I Êtes-vous de ces gens

Soupçonneux, ombrageux? croyez-vous aux méchants f

Et réalisez- vous cet être imaginaire,

Ce petit préjugé qui ne va qu'au vulgaire 7

Pour moi, je n'y crois pas : soit dit sans intérêt.

Tout le monde est méchant, et personne ne l'est;

On reçoit et l'on rend; on est à peu près quitte :

Parlez-vous des propos ? Coname il n'est ni mérite.

Ni goût, ni jugement, qui ne soit contredit,

Que rien n'est vrai sur rien, qu'importe ce qu'on ditf

Tel sera mon héros, et tel sera le vôtre ;

L'aigle d'une maison n'est qu'un sot dans une autres

h dis ici qu'Ëraste est un mauvais plaisant;

Eh bieni on dit ailleurs qu'Eraste est amusant.

Si yous parlez des faits et des tracasseries.

Je n'y vois dans le fond que des plaisanteries;

Et si vous attachez du crime à tout cela.

Beaucoup d'honnêtes gens sont de ces friponsJà.

L'agrémen» couvre tout, il rend tout légitime :

Aujourd'hui dans le monde on ne connaît qu'un crime,

î'est l'ennui ; pour le fuir, tous les moyens sont bons,

3 gagnerait bientôt les meilleures maisons

Si Ton s'aimait si fort; l'amusement circule

^ar les préventions, les torts, le ridicule '•

Au reste, chacun parle et fait comme Jl l'entëiid.

Tout est mal, tout est bien, tout le monde est conteaL

On n'a rien à répondre à de telles maximes : Tout est indifférent pour les âmes sublimes. Le plaisir, dites- vous, y gagne; en vérité. Je n'ai vu que l'ennui chez la méchanceté î Ce jargon étemel de la froide ironie.

L'air de dénigrement, l'aigreur, la jalousie» Ce ton mystérieux, ces petits mots sans fin, Toujours avec un air qui voudrait être fin; Ces indiscrétions, ces rapports infidèles, Ces basses faussetés, ces trahisons cruelles; Tout cela n'est-il pas, à le bien définir. L'image de la haine et la mort du plaisir? ^ussi ne voit-on plus, oii sont ces caractères. L'aisance, In franchise et les plaisirs sincères. î)n est en garde, on doute enfin si l'on rira : L'esprit (ju'ou veut avoir gâte celui qu'on a. De U joie et du cœur on perd l'heureux langag*

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