YER-YERT
A MADAME l'ABBESSE D^^^-^.--V 6.
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Vous près de qui les grâces solitaires Brillent sans fard et régnent sans fierté; Vous dont l'esprit, né pour la vérité, Sait allier à des vertus austères Le goût, les ris, l'aimable liberté; Puisqu'à vos yeux vous voulez que je trace D'un noble oiseau la touchante disgrâce. Soyez ma muse, échauffez mes accents; Et prètez-moi ces sons intéressants, Ces tendres sons que forma votre lyre Lorsque Sultane (1), au printemps de ses jouîi Fut enlevée à vos tristes amours, Et descendit au ténébreux empire.
De mon héros les illustres malheurs Peuvent aussi se promettre vos pleurs.
Sur sa vertu par le sort traversée.
Sur %on voyage et ses longues erreur?.
On aurait pu faire une autre Odyssée,
(4) Épagneule.
VER-VERT
Et par yingt chants endormir ses lecteurs:
On aurait pu des fables surannées
Ressusciter les diables et les dieux,
Des faits d'un mois occuper des années.
Et, sur des tons d'un sublime ennuyeux.
Psalmodier la cause, infortunée
D'un perroquet noL moins brillant qu'Énée^
Non moins dévot, plus malheureux que lui :
Mais trop de vers entraînent trop d'ennui.
Les muses sont des abeilles volages ;
Leur goût voltige, il fuit les loDgs ouvrages,
Et, ne prenant que la fleur d'un sujet,
Vole bientôt sur un nouvel objet.
Dans vos leçons j'ai puisé ces maximes :
Puissent vos lois se lire dans mes rimes I
Si, trop sincère en traçant ces portraits
J'ai dévoile les mystères secrets,
L'art des parloirs, la science des grilles,
Les graves riens, les mystiques vétilles,
Votre enjoûmenl me passera ces traits.
Votre raison, exempte de faiblesses,
Sait vous sauver ces fades petitesses;
Sur votre esprit, soumis au seul devoir.
L'illusion n'eut jamais de pouvoir;
Vous savez trop qu'un front que l'art déguise
Plaît moins au ciel qu'une aimable franchisa.
Si la Vertu se montrait aux mortels.
Ce ne serait ni par l'art des grimaces,
Ni sous des traits farouches et cruels,
Mais sous votre air, ou sous celui des Grtcts,
Qu'elle viendrait mériter nos auluii.