ACTE II, SCÈXE I
Cest malgré mes conseils qu'il vient en ce paj-s. Depuis longtemps, dit-il, il n'a point vu sa mère; Il compte, en lui parlant, gagner ce qu'il espère,
FROXTIX.
Mais vous, q^ael intérêt... Pourquoi vouloir aigrir Des gens que pour toujours ce nœud doit réunir f Et pourquoi seconder la bizarre entreprise D'un jeune écervelé qui fait une sottise ?
CLÉOX.
Quand je n'y trouverais que de quoi m*amu5er. Oh I c'est le droit des gens, et je veux en user. Tout languit, tout est mort sans la tracasserie ; C'est le ressort du monde et l'âme de la vie. Bien fou qui là-dessus contiendrait ses désirs ; Les sots sont ici-bas pour nos menus plaisirs. Mais un autre intérêt que la plaisanterie Me détermine encore à cette brouillerie.
FROXTIM.
Comment donc I à Chloé songeriez-vous aussi f
Florise croit pourtant que vous n'êtes ici
Que pour son compte, au moins. Je pense que sa fiU«
Lui pèse horriblement, et la voir si gentille
L'afQige ; je lui vois l'air sombre et soucieux
Lorsque vous regardez longtemps Chloé.
Tant mieux.
Elle ne me dit rien de cette jalousie; Mais j'ai bien remarqué qu'elle en était remplit. Et je la laisse aller.
6â l£ MÉCHANT
FROXTIX,
C'est-à-dire à peu prés, Que Valère écarté sert à vos intérêts.
Mais je ne comprends pas quel dessein est le vôtre : Quoi I Florise et Chloé?...
CLÉON
Moi I ni Tune, ni l'autre.
Je n'agis ni par goût ni par rivalité. M'as-tu donc jamais vu dupe d'une beauté f Je sais trop les défauts, les retours qu'on nous cacbe. Toute femme m'amuse, aucune ne m'attache; Si par hasard aussi je me vois marié.
Je ne m'ennuîrai point pour ma chère moitié. Aimera qui pourra. Florise, cette folle Dont je tourne à mon gré l'esprit faux et frivole. Qui, malgré l'âge, encore a des prétentions. Et me croit transporté de ses perfections , Florise pense à moi. C'est pour notre avantage Qu'elle veut de Chloé rompre le mariage. Vu que l'oncle à la nièce assurant tout son bien, S'il venait à mourir, Horise n'aurait rien. Le point est d'empêcher qu'il ne se dessaisisse, Et je souhaite fort que cela réussisse ; Si nous pouvons parer cette donation, Je ne répondrais pas d'une tentation Sur cet hymen secret dont Florise me presse : D'un bien considérable elle sera maîtresse. Et je n'épouserais que sous condition D'une très bonne part dans la succession. D'ailloars Géronte m'aime, il se peut très bien faÎM