ECL. II
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CONTRE les feux du jour ici l'humble reptile Dans le sein des buissons vient chercher un asile. Thestyle, aux moissonneurs épuisés de travail, Prépare de ses mains le serpolet et l'ail ; Et moi seul, à te suivre attaché sur ces rives, Je brave du soleil les ardeurs les plus vives, Tandis que la cigale, hôtesse de ces champs,. Par ses cris importuns, répond seule à mes chants. Ah ! que n'ai-je plutôt souffert la tyrannie, Les superbes dédains de la fière Sylvie ! Que n'ai-je aimé Daphnis ! Son teint, moins délicat, N'a point de ton beau front la blancheur et l'éclat ; , Mais, hélas ! prise moins cette blancheur si vaine : On cueille l'hyacinthe, on laisse le troëne.
EXSTINCTUM Nymphae crudeli funere Daphnin Flebant. Vos, coryli, testes, et flumina, Nymphis, Quum, complexa sui corpus miserabile nati, Atque Deos atque astra vocat crudelia mater. Non ulli pastos illis egere diebus Frigida, Daphni, boves ad flumina; nulla neque amnem Libavit quadrupes, nec graminis attigit herbam. Daphni, tuum Pœnos etiam ingemuisse leones Interitum montesque feri sylvasque loquuntur. Daphnis et Armenias curru subjungere tigres Instituit; Daphnis thiasos inducere Baccho, Et foliis lentas intexere mollibus hastas. Vitis ut arboribus decori est, ut vitibus uvas, Ut gregibus tauri, segetes ut pinguibus arvis; Tu decus omne tuis.
Eci. V
LES nymphes, de Daphnis pleuroient la mort cruelle. Bois, vous fûtes témoins de leur douleur mortelle, Quand sa mère, embrassant ses restes malheureux. De son trépas récent accusoit tous les dieux. Nous vîmes la génisse et le coursier superbe Oublier les ruisseaux et la fraîcheur de l'herbe, Et les tristes moutons, aux pieds de leur berger, Touchés de sa douleur, sembloient la partager. Dans les sables brûlants de l'Afrique déserte. Le lion, cher Daphnis, a gémi de ta perte. Daphnis sut, le premier, sur les coteaux voisins, Atteler à des chars les tigres d'Arménie ; Il couvrit, le premier, dans les champs d'Ausonie, Les thyrses de Bacchus de pampre et de raisins. Cérès est des sillons l'ornement le plus digne. Le taureau, roi des champs, est l'honneur des troupeaux. La vigne orne l'ormeau, la grappe orne la vigne; Et tu fus, ô Daphnis! la gloire des hameau.x.