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Poésies

Jja tristesse est rêveuse , et je rêve souvent. La nature m'y porte , on la trompe avec peine :

Je rêve au brait de l'eau qui se promène , Au murmure du saule agité par le vent. * V

J'écoute : un souvenir répond à ma tristesse* 1 ; '" Un autre souvenir s'éveille dans mon cœur :

Chaque objet me pénètre , et répand sa couleur

Sur le sentiment qui m'oppresse.

Ainsi le nuage s'enfuit ,

Pressé par un autre nuage :

Ainsi le flot fuit le rivage ,

Cédant au flot qui le poursuit.

> J'ai vu languir, au fond de la vallée, Un arbrisseau qu'oubliait le bonheur ; L'Aurore se levait sans éclairer sa fleur , Et pour lui la nature était sombre et voilée ;

a L'ARBRISSEAU.

Ses printempe ignorés «'écoulaient dans la nuit ;

L'Amour jamais d'.une fraîche guirlande

A ses rameaux n'avait laissé l'offrande :

Il fait froid aux lieux qu'Amour fuit.

L'ombre humide éteignait sa force languissante ; Son front pour s'élever faisait un vain effort ; Un éternel hiver , une eau triste et dormante Jusque dans sa racine allait porter la mort.

« Hélas ! faut-il mourir sans connaître la vie ! » Sans avoir vu des cieux briller les doux flambeaux. » Je n'atteindrai jamais de ces arbres si beaux

» La couronne verte et fleurie 1 » Ils dominent au loin sur les champs d'alentour ; » On dit que le soleil dore leur beau feuillage ; » Et moi, sous un jaloux ombrage » Je devine à peine le jour !

» Vallon où je me meurs , votre triste influence » A préparé ma chute auprès de ma naissance.

» Bientôt, hélas! je ne dois plus gémir!

» Déjà ma feuille a cessé de frémir

» Je meurs , je meurs. » Ce douloureux murmure

Toucha le dieu protecteur du vallon.

C'était le temps où le noir Aquilon

Laisse , en fuyant, respirer la nature.

« Non , dit le dieu : qu'un souffle de chaleur

» Pénètre au sein de ta tige glacée.

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