‹ PoésiesChapitre 41 sur 89 · LE CHIEN D'OLIVIER · texte numérisé non relu

LE CHIEN D'OLIVIER

Jr PUR trouver le bonheur , je me ferai bergère : Le bonheur est aux champs , s'il existe pour moi ! Oui , du temps , au hameau , la course est plus légère ; La veillée est paisible , et la nuit sans effroi. Le laboureur, couché sous son toit de fougère, Ne dormirait pas mieux sur l'oreiller du roi.

D'un simple ajustement j'ai déjà fait l'emplette : On ressemble au Plaisir , sous un chapeau de fleurs ; Les prés m'en offriront pour garnir ma houlette ; On n'y forcera point mon choix pour leurs couleurs ; J'y mêlerai le lis à l'humbl* violette , Sans crainte qu'un bouquet me prépare des pleurs.

Des moutons y un bélier, deux agneaux et leur mère,

Composeront ma cour , mon empire et mon bien.

L'écho me distraira d'une douce chimère

Qu*e je veux oublier , aussi je n'en dis rien ;

Et pour me suivre aux bois , où je suis étrangère ,

Il me faudrait encore.... il me faudrait un chien.

i3a ROMANCES.

Que le chien d'Olivier parait tendre et fidèle ! Sous sa garde un troupeau bondirait sans danger. Mais des maîtres son maître est , dit-on , le modèle ; A le quitter pour moi je n'ose l'engager.

Ah ! pour ne pas détruire une amitié si belle , Je voudrais qu'Olivier se fît aussi berger.

ROMANCES. i33

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