‹ PoésiesChapitre 66 sur 89 · LA PÈLERINE · texte numérisé non relu

LA PÈLERINE

« Pèlerine, où vas-tu si tard?

Le temps est à l'orage. ■ Peux-tu confier au hasard

Tes charmes et ton âge? »

« — Ermite , n'ayez point de peur.

Du ciel je ne crains plus la foudre ; Que ne peut-il réduire en poudre L'image qui .brûle mon cœur! »

« — O ma fille ! donne un moment

A l'ami qui t'appelle ; Viens calmer ton égarement

A la sainte chapelle. »

« — Ermite , mon âme est à Dieu ; Partout il me suit , il me guide ; Il m'a dit de fuir un perfide :

Je fuis l'Amour, Ermite, adieu. »

« — Pèlerine , en fuyant l'Amour ,

Que la pitié t'enchaîne.

Un malheureux , depuis un jour ,

Pleure ici sur sa chaîne. »

r 7 4 ROMANCES. 1

c — Un malheureux ! c'est un amant, Mon père , donnez-lui vos larmes.

Blessée au cœur des mêmes armes , Je mourrai du même tourment. »

« — Ma fille , lève au moins les yeux

La pitié te l'ordonne.

Cet amant n'est plus malheureux

Si ton cœur lui pardonne. »

Le coupable alors se montra; L'Amour pria pour le parjure; L'Ermite effaça son injure, Et la pèlerine.... pleura.

Page 1