‹ PoésiesChapitre 79 sur 89 · LE PASTEUR · texte numérisé non relu

LE PASTEUR

IMITE DE GOUDILI5.

A. l'heure où s'éteignait le chant de l'alouette , A cette heure tranquille où, sous leurs frais abris, Les oiseaux gazouillaient de moisson , d'amourette , Que les ailes d'un songe enveloppaient Lyris ; Quand la Nuit , pâle encor , d'étoiles couronnée , Prenait timidement sa course dans les cieux ; Quand la rose d'un jour , languissante et fanée , Exhalait en mourant ses parfums précieux ;

Quand d'une journée orageuse

La nature se reposait , Pour s'éveiller plus belle et plus heureuse , Lyris dormait comme elle , et le pasteur disait :

« A cette heure où tout brûle , où je meurs , la cruelle

■ A fermé ses beaux yeux qui m'ont fait tant de mal.

» Lorsque j'entends couler le limpide cristal

» Du ruisseau qu'en hiver j'ai vu glacé comme elle ,

» Farouche avec l'amour, elle rit au sommeil:

» Il règne seul sur elle , il la berce , il l'embrasse.

3o4 POÉSIES

» Oh! dans tes bras charmons si j'obtenais sa place , » Lyris , ta ne pourrais m'en chasser au réveil ! » Un doux étonnement , une amoureuse flamme » Enchaînerait ta force et vaincrait ta rigueur; » Et mon âme, en passant pour aller à ton âme, » Échaufferait la neige où s'enferme ton cœur. »

DIVERSES. ao5

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