LE PASTEUR
IMITE DE GOUDILI5.
A. l'heure où s'éteignait le chant de l'alouette , A cette heure tranquille où, sous leurs frais abris, Les oiseaux gazouillaient de moisson , d'amourette , Que les ailes d'un songe enveloppaient Lyris ; Quand la Nuit , pâle encor , d'étoiles couronnée , Prenait timidement sa course dans les cieux ; Quand la rose d'un jour , languissante et fanée , Exhalait en mourant ses parfums précieux ;
Quand d'une journée orageuse
La nature se reposait , Pour s'éveiller plus belle et plus heureuse , Lyris dormait comme elle , et le pasteur disait :
« A cette heure où tout brûle , où je meurs , la cruelle
■ A fermé ses beaux yeux qui m'ont fait tant de mal.
» Lorsque j'entends couler le limpide cristal
» Du ruisseau qu'en hiver j'ai vu glacé comme elle ,
» Farouche avec l'amour, elle rit au sommeil:
» Il règne seul sur elle , il la berce , il l'embrasse.
3o4 POÉSIES
» Oh! dans tes bras charmons si j'obtenais sa place , » Lyris , ta ne pourrais m'en chasser au réveil ! » Un doux étonnement , une amoureuse flamme » Enchaînerait ta force et vaincrait ta rigueur; » Et mon âme, en passant pour aller à ton âme, » Échaufferait la neige où s'enferme ton cœur. »
DIVERSES. ao5