‹ Poésies. Nouv. éd. augm. et précédé d'une noticeChapitre 95 sur 108 · AVEU D'UNE FEMME · texte numérisé non relu

AVEU D'UNE FEMME

Savez-vous pourquoi, madame, Je refusais de vous voir ?

J'aime! et je sens qu'une femme Des femmes craint le pouvoir.

Le vôtre est tout dans vos cliarmes, Qu'il faut, par force, adorer.

L'inquiétude a des larmes :

Je ne voulais pas pleurer.

Quelque part que je me trouve, Mon seul ami va venir; Je vis de ce qu'il éprouve, J'en fais tout mon avenir!

Se souvient-on d'humbles flammes, Quand on voit vos yeux briller?

Ils font trembler bien des âmes :

Je ne voulais pas trembler.

Dans cette foule asservie

Dont vous respirez l'encois,

Où j'aurais senti ma vie

S'en aller à vos accents,

Celui qui me rend peureuse,

Moins tendre, sans repentir,

M'eût dit : (t N'es-tu plus heureuse?

Je ne voulais pas mentir.

28i POÉSIES.

Sous l'écliit do vos conquêtes, Si votre cœur s'est tloiiné, Triste et fier au sein des fêtes, N'a-t-il jamais frissonné?

La plus tendre, ou la plus belle, Aiment-elles sans soutïVir?

On meurt pour un infidèle :

Je ne voulais pas mourir.

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