‹ Poésies nouvelles, 1836-1852Chapitre 18 sur 88 · CHANSON DE FORTUNIO · texte numérisé non relu

CHANSON DE FORTUNIO

Si vous croyez que je vais dire

Qui j'ose aimer.

Je ne saurais, pour un empire,

Vous la nommer.

Nous allons chanter à la ronde,

Si vous voulez, Que je l'adore et qu'elle est blonde

Comme les blés.

Je fais ce que sa fantaisie

Veut m'ordonner, Et je puis, s'il lui faut ma vie,

La lui donne i-.

Du mal qu'une am<iur ignorée

Nous fait souH'rir, J'en porte l'âme déchirée

Jusqu'à mourir.

Mais j'aime trop pour que je die

Qui j'ose aimer, Et je veux mourir pour ma mie

Sans la nommer.

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