‹ Poésies nouvelles, 1836-1852Chapitre 34 sur 88 · A ALFRED TATTET · texte numérisé non relu

A ALFRED TATTET

SONNET

Qu'il est doux d'être au monde, et quel bien que la vie ! Tu le disais ce soir par un beau jour d'été. Tu le disais, ami, dans un site enchanté, Sur le plus vert coteau de ta forêt chérie.

Nos chevaux, au soieil, foulaient l'herbe tieurie ; Et moi, silencieux, courant à ton côté, Je laissais au hasard flotter ma rêverie; Mais dans le fond du cœur je me suis répété :

« Oui, la vie est un bien, la joie est une ivresse; 11 est doux d'en user sans crainte et sans soucis; 11 est doux de fêter les dieux de la jeunesse,

De couronner de tieurs son verre et sa maîtresse. D'avoir vécu trente ans comme Dieu l'a permis, Et, si jeunes encor, d'être de vieux amis. »

Bury, 10 août i83S.

Page 1