‹ Poésies nouvelles, 1836-1852Chapitre 44 sur 88 · TRISTESSE · texte numérisé non relu

TRISTESSE

J'ai perdu ma force et ma vie, Et mes amis et ma gaîté; J'ai perdu jusqu'à la fierté Qui faisait croire à mon génie.

Quand j'ai connu la Vérité, J'ai cru que c'était une amie; Quand je l'ai comprise et sentie.

J'en étais déjà dégoûté.

Et pourtant elle est éternelle.

Et ceux qui se sont passés d'elle Ici-bas ont tout ignoré.

Dieu parle, il faut qu'on lui réponde.

Le seul bien qui me reste au monde Est d'avoir quelquefois pleuré.

Bury, i!i juin i84o.

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