DEUXIÈME PARTIE
Le Jardin des Oliviers.
Accorde quelque trêve à mes esprits troublés, Dieu trois fois saint ! ton fils à tes yeux est infâme ; Je ne puis sans horreur regarder dans mon âme : Tous les forfaits du monde y sont accumulés.
Le passé, le présent, ravenir me pénètre De honte, de remords, de douleur et d'effroi; Crimes déjà commis et crimes à commettre :
L'enfer de tous les temps tombe et pèse sur moi!
Si mon sang doit laver cette immense souillure, Prends-le , je te le donne , et le donne pour tous ; Qu'il ne soit un seul point dans toute la nature Qui ne soit affranchi de ton juste courroux.
Mais mon amour doit être accueilli par la haine ; Quels tableaux accablants m'offrent les temps futurs ! Ma croix foulée aux pieds par la sagesse humaine, Et mon sang rejeté comme un breuvage impur.
Épargne ce calice à ma lèvre Iretnblanle ; Je voudrais vainement en effleurer le bord :
Je me sens inondé d'une sueur sanglante, El mon âme est, hélas! triste jusqu'à la mort.
l'ange.
Jésus ! sur mon sein reposez voire tète, Mais pour recommencer vos pénibles combats.