‹ Poésies nouvellesChapitre 35 sur 83 · APRÈS LE FEUILLETON · texte numérisé non relu

APRÈS LE FEUILLETON

Mes colonnes sont alignées Au portique du feuilleton ; Elles supportent résignées Du journal le pesant fronton.

Jusqu'à lundi je suis mon maître.

Au diable chefs-d'œuvre mort-nés!

Pour huit jours je puis me permettre De vous fermer la porte au nez.

Les ficelles des mélodrames N'ont plus le droit de se glisser Parmi le fil soyeux des trames Que mon caprice aime à tisser.

ÉMAUX ET CAMÉES. i-27

Voix de Tâme et de la naturel; J'écouterai vos purs sanglots, Sans que les couplets de facture, M'étourdissent de leurs grelots.

Et portant, dans mon verre à cotes, La santé du temps disparu.

Avec mes vieux rêves pour hôtes Je boirai le vin de mon cru :

Le vin de ma propre pensée.

Vierge de toute autre liqueur, Et que, par la vie écrasée. Répand la grappe de mon cœur !

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