‹ Poésies Par Madame Amable TastuChapitre 27 sur 77 · LA POESIE · texte numérisé non relu

LA POESIE

O que son culte est pur, que sa voix est puissante, Quand elle instruit tout bas une muse naissante ! Alors l’ardent espoir d’un succès incertain,

Ou l’inquiet souci d’un avenir lointain

Sont ignorés encore ; et l’ame qu’elle inspire

Est émue ou calmée au seul son de la lyre.

Tout lui parle, la touche, et fait naître ses chants : Le réveil d’une fleur, parure de nos champs,

La plainte d’un oiseau, sous l’ombrage égarée, Les feux tremblans, épars dans la voûte azurée, Et l'automne, où la terre est prête à s’assoupir, Où les vents à son deuil mêlent un long soupir,

Et les feuilles des bois aux premières gelées,

En légers tourbillons dans les airs envolées : Vagues émotions, doux et rêveurs loisirs,

Le poëte chérit vos innocens plaisirs !

C’est alors que parfois, au souflle de la Muse, Apparaît tout-à-coup une image confuse;

Sa beauté, par degrés, dévoilée à nos yeux, Se revêt mollement d’un vers harmonieux,

Et la rime bientôt, sonore et cadencée, S’éveille, et sans effort s’enchaîne à la pensée.

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