‹ Poésies Par Madame Amable TastuChapitre 5 sur 77 · A M. STEUBEN · texte numérisé non relu

A M. STEUBEN

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… Les peintres devraient chercher dans l’histoire des sujets de tableaux qui réuniraient à la fois la majesté de la morale à

la grandeur de la nature... L'histoire des: Suisses en fournit un |

sujet sublime. Le peintre représenterait les trois grands libérateurs de l’'Helvétie, vêtus de leurs simples habits de paysan, assemblés secrètement dans un lieu désert, au bord d’un lac solitaire, et délibérant de la liberté de leur patrie au milieu des montagnes, des torrens, des forêts; le silence de la nature les environne; et ils n’ont pour témoin de leur sainte union que le Dieu qui entassa ces Alpes glacées, et déroula ce firmament sur leur tête.

CHATEAUBRIAND. Essai sur les Reévolutions.

Le tableau qui à inspiré ces vers fait partie de la galerie de S. À. R. Mer. le duc d'Orléans.

Izs étaient là tous trois! A travers les nuages, La lune révélait sur leurs mâles visages

D'un héroïque espoir les présages vainqueurs :

Sous leurs habits grossiers battaient de nobles cœurs.

Un serment généreux sort de ces bouches pures,

Et l’écho menaçant, par l’écho répété,

Redit de monts en monts, avec desourds murmures : Liberté! liberté!

On l’entendra ce nom que la Suisse réclame,

Comme un céleste accord retentir d’ame en ame ;

ji Et déjà, descendu de ces sommets déserts,

| Puissant, mystérieux, il plane dans les airs :

À toute heure, en secret, du peuple qu’on opprimel

Un pouvoir inconnu ranimant la fierté,

Dit au cœur assez fort pour ce fardeau sublime : Liberté! liberté!

Orgucilleux Gouverneur, quelle terreur te presse? | Pourquoi fermer sur toi la sombre forteresse ? Ab! dela liberté dénonçant les efforts,

Un traître l’aurait-il livrée à tes trésors ? Non, mais à ton effroi tu sens qu’elle s’éveille ; Tu lis partout son nom d’un œil épouvanté; Partout un dieu vengeur répète à ton oreille :

Liberté! liberté!.

Elle eût dormi long-temps sans cette voix cruelle Qui tourna vers un fils la flèche paternelle!

Mais les yeux des tyrans d’un bandeausont couverts ; En croyant les river, ils ont brisé vos fers,

Enfans de l'Helvétie; achevez leur ouvrage :

Déjà livrant Gessler à l’abîme irrité,

La vengeance de Tell crie au sein de l'orage:

Liberté! liberté!

Liberté, c’est ton jour, ce sol est ton empire; ; J ; | ) Là, nulle ambition sous tes traits ne conspire : D'un peuple pauvre et fier toi seule armes les mains ; peuple ; Sur ces pics sourcilleux, vierges de pas humains Ï ; 5 I 9 L’aigle au vol indomptésemble te rendre hommage, Le bleu miroir des lacs réfléchir ta beauté, Et le bruit des torrens dire à l’écho sauvage : O

Liberté! liberté!

Héritier de ces biens, toi qui les abandonnes,

Et soutiens à prix d’or les lointaines couronnes,

D'où vient qu'aux premiers sons d’un air mélodieux, [ (

veux ?

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J'ai vu des pleurs furtifs s'échapper de te:

Sans doute en l’écoutant tu rôvais ta patrie,

Et des vallons natals l’'agreste majesté, Sans doute il murmurait à ton ame attendrie : Liberté! liberté!

La Veille de Moël.

Se PIÈCE COURONNÉE AUX JEUX FLORAUX.

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Chantez au Seigneur un nouveau cantique, car un petit enfant

nous est né, un fils nous a été donné.

Messe de Minuit.

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EnTre mes doigts guide ce lin docile, Pour mon enfant tourne, léger fuseau ; Seul, tu soutiens sa vie encor débile ;

Tourne sans bruit auprès de son berceau.

Les entends-tu, chaste reine des anges, Ces tintemens de l’airain solennel?

Le peuple en foule entourant ton autel

Avec amour‘répète tes louanges.

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