LES SAISONS DU NORD
D'un rapide printemps la fugitive haleine,
Y ranime en passant et les monts et la plaine ; Un prompt été le suit, et prodigue de feux,
Se hâte de müûrir Les trésors qu’il nous donne ; Car l'hiver menaçant laisse à peine à l'automne, Le temps de recueillir ses présens savoureux.
Mais ces rares beaux jours, quel charme les décore! La nuit demi-voilée y ressemble à Paurore :
Une molle douceur se répand dans les airs ;
Et cette heure rapide où le soleil repose,
Glisse avec Le murmure et Les parfums de rose
Des bouleaux agités par la brise des mers.
Hâtez-vous de gouter d’éphémères délices; L'hiver qui vous poursuit de ses tristes prémices, D'un givre étincelant a blanchi ces climats : Bientôt l’onde s’arrête à sa voix redoutable, Et sur les champs muets que son empire accable,
D'une haleine puissante 14 souflle les frimats.
Mais aux natals plaisirs lui seul offre un théâtre ;