LA PETITE COULEUVRE BLEUE
Mon Idéal est une vierge
Qui jamais ne me sourira.
— Va, frappe à la prochaine auberge,
Qui sait quelle main l'ouvrira ? »
Une vieille, avec politesse.
Ouvre la porte doucement :
« Avez-vous vu, dame l'hôtesse, Une enfant au rire charmant?
Elle porte, la jeune vierge, Des perles noires au collier.
— Elle a diné là, dans l'auberge, Avec un jeune cavalier.
— Merci, madame.
— Voici l'heure Où l'ombre tombe, entrez chez nous.
— Merci, l'hôtesse, que je meure, Si je dors une heure chez vous! »
« Petite couleuvre menteuse, Pourquoi m'as-tu charmé le cceurr Oh! dis-moi, n'es-tu pas honteuse De me siffler ton air moqueur?
Voici que seul et sans lumière Je reconnais le vieux chemin Qui conduisait au cimetière.
— Marche encore et crois à demain.
Peut-être que parmi ces marbres Erre ton amie.
— On entend Gémir le vent parmi les arbres.
— C'est son soupir, elle t'attend. »
■ O petite couleuvre fausse, Je suis las, et la nuit pâlit, Voici l'aube.
— Entre dans la fosse, Peur sommeiller, c'est un bon lit: