‹ PoésiesChapitre 14 sur 85 · LA PETITE COULEUVRE BLEUE · texte numérisé non relu

LA PETITE COULEUVRE BLEUE

Mon Idéal est une vierge

Qui jamais ne me sourira.

— Va, frappe à la prochaine auberge,

Qui sait quelle main l'ouvrira ? »

Une vieille, avec politesse.

Ouvre la porte doucement :

« Avez-vous vu, dame l'hôtesse, Une enfant au rire charmant?

Elle porte, la jeune vierge, Des perles noires au collier.

— Elle a diné là, dans l'auberge, Avec un jeune cavalier.

— Merci, madame.

— Voici l'heure Où l'ombre tombe, entrez chez nous.

— Merci, l'hôtesse, que je meure, Si je dors une heure chez vous! »

« Petite couleuvre menteuse, Pourquoi m'as-tu charmé le cceurr Oh! dis-moi, n'es-tu pas honteuse De me siffler ton air moqueur?

Voici que seul et sans lumière Je reconnais le vieux chemin Qui conduisait au cimetière.

— Marche encore et crois à demain.

Peut-être que parmi ces marbres Erre ton amie.

— On entend Gémir le vent parmi les arbres.

— C'est son soupir, elle t'attend. »

■ O petite couleuvre fausse, Je suis las, et la nuit pâlit, Voici l'aube.

— Entre dans la fosse, Peur sommeiller, c'est un bon lit:

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