SUR L'AMOUR
(^ e feu sacré, brûlant, qui dévore et qui charme, Un geste, un mot qu'on laisse échapper, une larme, Un soupir, un regard, un sourire, un baiser, Un rien peut l'allumer, mais un rien peut l'éteindre ; A chaque moment il faut craindre Qu'il ne s'éteigne, et, pour l'éterniser, Il faut sans cesse l'attiser.
L'église est pleine : hélas ! c'est pour un mariage Les visages joyeux de tous me font frémir ! Ah ! qu'il est doux d 'aimer à notre âge ! A notre âge Hélas! qu'il est dur de souffrir!
La voilà qui s'avance : elle est pâle, plus pâle Que son blanc vêtement ; et l'orgue au son moqueur Ne retentit pour moi que comme un triste râle, Le râle de mon pauvre cœur!
POÉSIES IN'ACHEV 139
Un mois plus tard, j'étais dans cette même église Elle était pleine encor... toute tendue en noir; L'orgue retentissait, plus morne que la bise Qui souffle dans les bois le soir!
Tout est froid et lugubre ; il semble que dans l'ombre De la nuit qui descend sur la terre, la Mort Sur nous étend son voile inévitable et sombre, Qu'à chacun destine le sort!
J 'aime les nuits d'été! l'immortelle nature, La nuit me semble encor plus belle que le jour ! Quand, par un léger souffle annonçant son retour, L'ombre descend sur terre avec un doux murmure;
Quand la blonde Phœbé, mystérieuse et pure, Détache sur les cieux son disque au blanc contour, J'aime les nuits d'été, j'aime les nuits d!a;nour, Qui flottent tièdement sur toute créature.
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V^'est la vie : une fois l'on aime, Et l'on croit que l'on est aimé ; L'amour est venu de lui-même...
Et le cœur chante un long poème, Tout plein de ce qui l'a charmé !
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Il suffit de fort peu de chose Au poète pour être heureux :
Un mot d'amour, de tendres yeux.
Un beau jour, un bouton de rose,
De l'air, un rayon de soleil,
Un éclair qui perce l'orage,
Un doux songe dans le sommeil,
Un oiseau chantant sous l'ombrage,
PO KSI ES INACHEVEES. f 43
Et le voilà gai comme un roi !
D'où vient à ses rayons cette ombre?
Puisqu'il lui faut si peu, pourquoi Le poète est-il donc si sombre?