‹ Poésies. Précedees d'une noticeChapitre 20 sur 93 · LE MENDIANT · texte numérisé non relu

LE MENDIANT

Cétait quand le printemps a reverdi les près. La fille de Lycns, vierge aux cheveux dorus,

Sous les monts Âchéens, non loin de Cérynée,

Errait à l'ombre, aux bords du faible et pur Crathis; Car les eaux du Crathis , sous des berceaux de frêne, Entouraient de Lycus le fertile domaine.

Soudain, à l'autre bord,

Du fond d'un bois épais , un noir fantôme sort

Tout pâle, demi-nu, la barbe hérissée :

11 remuait à peine une lèvre glacée ;

Des hommes et des dieux implorait le secours,

Et dans la forêt sombre errait depuis deux jours.

II se traîne, il n'attend qu'une mort douloureuse;

Il succombe. L'enfant, interdite et peureuse,

A ce spcclie hideux sorti du fond du bois.

Veut fuir ; mais elle entend sa lamentable voix.

Il lend les bras, il tombe à genoux ; il lui crie

Qu'au nom de tous les diiux il la conjure, il prie,

Et qu'il n'est point à craindre, et qu'une ardente faina

L'aiguillonne et le tue , et qu'il expire enfin.

« Si , comme je le crois , belle dès ton enfance , C'est le dieu de ces eaux qui t'a donne naissance. Nymphe, souvent les voeux des malheureux iiuniain^ Ouvrent des immortels les bienfaisantes mains. Ou si c'est quelque front porteur d'une couronne Qui te nomme sa fille et te destine au trône, Souviens-toi, jeune enfant, que le ciel quelquefois Venge les opprimés sur la tcte des rois. Belle vierge, sans doute enfant d'une déesse. Crains de laisser périr l'étranger en détresse; L'étranger suppliant vient de la part des dieux. » Elle reste. A le voir elle enhardit ses yeux, et d'une voix encore

Tremblante : « Ami, le ciel écoute qui l'implore. Ce soir, lorsque la nuit couvrira Ihorizon, Passe le pont mobile , entre dans la maison; J'aurai soin qu'on te laisse entrer sans défiance. Pour la dixième fois célébrant ma naissance, Mon père doit donner une fête aujourd'hui. II m'aime, il n"a que moi ; viens t'adresser à lui C'est le riche Lycus. Viens ce soir ; il est tendre , Il est humain : il pleure aux pleurs qu'il voit répandre. » Elle dit, et s'arrête, et, le cœur palpitant. S'enfuit; car l'étranger sur elle, eu l'écoutant, Fixait de ses yeux creux l'attention avide. Elle rentre, cherchant dans le palais splendide L'esclave prés de qui toujours ses jeunes ans Trouvent un doux accueil et des soins coRîpî-iisants.

Cette sage affranchie avait nourrij-û^mère ; Maintenant sous des lois de vigilance austère, Elle et son vieil époux, au devoir rigoureux. Rangent des serviteurs le cortège nombreux. L'enfant la voit de loin dans le fond du portique, Court, et posant ses mains sur ce visage antique :

« Indulgente nourrice, écoute; il faut de toi

Que j'obtienne un grand bien. Ma mère, écoute-moi/

Un pauvre, un étranger, dans la misère extrême.

Gémit sur l'autre bord , mourant, affamé, blême...

Ne me décèle point. De mon père aujourd'hui

J'ai promis qu'il pourrait solliciter l'appui.

Fais qu'il entre; et surtout, ô mère de ma méref

Garde que nul mortel n'insulte à sa misère.

— Oui, ma fille; chacun fera ce que tu veux, Dit l'esclave en baisant son front et ses cheveux; Oui , qu'à ton protégé ta fête soit ouverte.

Ta mère, mon élève ( inestimable perte! ), Aimait à soulager les faibles abattus : Tu lui ressembleras autant par tes vertus Que par tes yeux si doux et tes grâces naïves. »

Mais cependant la nuit assemble les convives ;

En habits somptueux d'essences parfumés,

Ils entrent. Aux lambris d'ivoire et d'or semés,

Pend le lin d'Ionie en brillantes courtines;

Le toit s'égaye et rit de mille odeurs divines. •

La table au loin circule , et d'apprèls savoureux

Se charge. L'encens vole en longs (lots vaporeux;

Sur leurs bases d'argent , des formes animées

Élèvent dans leurs mains des torches enllammécs;

Les figures, l'onyx, le cristal, les métaux

En vases hérissés d'hommes ou d'animaux.

Partout sur les buffets, sur la table éfincellent;

Plus d'une lyre est prête; et partout s'amoncellent

Et les rameaux de myrte et les bouquets de fleurs.

On s'étend sur les lits teints de mille couleurs;

Près de Lycus, sa fille, idole de la fête.

Est admise. La rose a couronné sa tète.

Mais, pour que la décence impose un juste frein,

Lui-même est par eux tous élu roi du festin.

Et déjà vins, chansons, joie, entreliens sans nombre,

Lorsque, la double porte ouverte, un spectre sombre

Entre, cherchant des yeux l'autel hospitalier.

La jeune enfant rougiL II ccurt vers le foyer;

Il embrasse J'autel, s'assied parmi la cendre;

El tous, l'œil étonné, se taisent pour l'entendre.

(1 Lycus , fils d'Evéaon , que les dieux et le temps

N'osent jamais troubler les destins éclatants.

Ta pourpre, tes trésors, ton front noble et Iranquille,

IDYLLES. 5t

Sembicnl d'un roi puissant, l'idole de sa ville. A ton riche banquet un peuple convié T'honore comme un dieu de l'Olympe envoyé. Regarde un étranger qui meurt dans la poussière , Si tu ne tends vers lui ta main hospitalière. Inconnu , j'ai franchi le seuil de ton palais : Trop de pudeur peut nuire a q-ù vit de bienfaits. Lycus, par Jupiter, par ta fille innocbi^'e Qui m'a seule indiqué ta porte bienfaisante!... Je fus riche autrefois : mon banquet opulent N'a jamais repoussé l'étranger suppliant. Et pourtant aujourd'hui la faim est mon partage , La faim qui flétrit l'âme autant que le visage, Par qui l'homme, souvent importun, odieux, Est contraint de rougir et de baisser les yeux !

— Étranger, tu dis vrai, le hasard téméraire Des bons ou des méchants fait le destin prospère. Mais sois mon hôte. Ici l'on hait plus que l'enfer Le public ennemi, le riche au cœur de fer, Enfant de rsémésis , dont le dédain barbare Aux besoins des mortels ferme son cœur avare. Je rends grâce à l'enfant qui t'a conduit ici. Ma fille, c'est bien fait; poursuis toujours amsi. Respecter l'indigence est un devoir suprême. Souvent les immortels (et Jupiier lu.-méme ) Sous des haillons poudreux, de seuil en seuil traînés, Viennent tenter le cœur des humains fortunés. »

D'accueil et de faveur un murmure s'élève. Lycus court au vieillard , tend la main , le relève : « Salut, père étranger; et que puissent te» vœux Trouver le ciel propice à tout ce que tu veux ! Mon hôte , lèvo-toi. Tu parais noble et sape ;

Mais cesse avec la main de cacher Ion visage. Souvent marchent ensemble hidigence et Vertu; Souvent d'un vil manteau le sage revêtu , Seul, vit avec les dieux et brave un sort inique. Couvert de chauds tissus, à Tombre du portique. Sur de molles toisons , en un calme sommeil , Tu peux, ici dans l'ombre, attendre le soleiL Je te ferai revoir tes foyers, ta patrie. Tes parents, si les dieux ont épargné leur \"ie. Car tout mortel errant nourrit un long amour D'aller revoir le sol qui lui donna le jour. Mon hôte, tu franchis le seuil de ma famille A l'heure qui jadis a vu naître ma fille. Salut I 'Vois, l'on t'apporte et la table et le pain : Sieds-toi. Tu vas d'abord rassasier ta faim. Puis, si nulle raison ne te force au mystère, Tu nous diras ton nom , ta patrie et ton père. »

Il retourne à sa place après que l'indigent S'est assis. Sur ses mains dans l'aiguière d'argent Par une jeune esclave une eau pure est versée. Une table de cèdre , où l'éponge est passée , • S'approche, et vient offrir à, son avide main Et les fumantes chairs sur les disques d'airain, Et l'amphore vineuse, et la coupe aux deux anses. « Mange et bois , dit Lycus ; oublions les souffrances. Ami, leur lendemain est, dit-on, un beau jour. »

Bientôt Lycus se lève et fait emplir sa coupe, Et veut que l'échansoo verse à toute la troupe : • Pourboire à Jupiter qui nous daigne envoyer L'étranger, devenu l'hôte de mon foyer. » Le vin de main en main va coulant à la ronde ;

Lycus lui-même emplit une coupe profonde, L'envoie à Télranger. « Salut , mon hôle , bois. De ta ville bientôt lu reverras les toits, Fussent-ils par delà les glaces du Caucase. » Des mains de l'échanson l'étranger prend le vase, Se lève ; sur eux tous il invoque les dieux. On boit; il se rassied. Et jusque sur ses yeux Ses noirs cheveux toujours ombrageant son visage, De sourire et de plainte il mêle son langage.

« Mon hôle, maintenant que sous tes nobles toits De rimporlun besoin j'ai calmé les abois, Oserai-je à ma langue abandonner les rênes ? Je n'ai plus ni pays , ni parents, ni domaines. Mais écoule : le vin, par toi-même versé. M'ouvre la bouche. Ainsi, puisque j'ai commencé, Entends ce que peut-être il eût mieux valu taire. Excuse enfin ma langue, excuse ma prière; Car du vin, tu le sais, la téméraire ardeur Souvent à l'excès même enhardit la pudeur- » Meurtri de durs cailloux ou de sables arides , Déchiré de buissons ou d'insectes avides. D'un long jeûne flétri, d'un long chemin lassé, Et de plus d'un grand fleuve en nageant traversé-, Je parais énervé , sans vigueur, sans courage; Mais je suis né robuste et n'ai point passé l'âge. La force et le travail, que je n'ai point perdus. Par un peu de repos me vont être rendus. Emploie alors mes bras à quelques soins rustiques. Je puis dresser au char tes coursiers olympiques. Ou sous les feux du jour, courbé vers le sillon, Presser deux forts taureaux du piquant aiguilloa. Je puis même, tournant la meule nourricière, Broyer le pur froment en farine I-égère.

rA IDYLLES.

Je puis, la serpe en main , planter et diriger Et le cep et la treille, espoir de Ion verger. Je tiendrai la faucille ou la faux recourbée , Et devant mes pas l'herbe ou la moisson tombée Viendra remplir ta grange en la belle saison; Afin que nul mortel ne dise en ta maison, Me regardant d'un œil insultant et colère : 0 vorace étranger ! qu'on nourrit à rien faire!

— Vénérable indigent , va , nul mortel chez moi N'oserait élever sa langue contre toi.

Tu peux ici rester, même oisif et tranquille , Sans craindre qu'un affront ne trouble ton asile.

— L'indigent se méfie. — 11 n'est plus de danger. L'homme est né pour souffrir. — Il est né pour changer

— Il change d'infortune! — Ami, reprends courage: Toujours un vent glacé ne souflle point l'orage.

Le ciel d'un jour à l'autre est humide ou serein. Et tel pleure aujourd'hui qui sourira domain.

— Mon hôte , en tes discours préside la sagesse. Mais quoi ! la confiante et paisible richesse Parle ainsi. L'indigent espère en vain du sort; En espérant toujours il arrive à la mort. Dévoré de besoins , de projets , d'insomnie ,

11 vieillit dans l'opprobre et dans l'ignominie. Rebuté des humains durs, envieux, ingrats, H a recours aux dieux qui ne l'entendent pas. Toutefois ta richesse accueille mes misères; Et puisque ton cœur s'ouvre à la voix des prières. Puisqu'il sait, ménageant le faible humilié, D'indulgence et d'égards tempérer la pitié, S'il est des dieux du pauvre , ô Lycus ! que ta \i» Soit un objet pour tous e< d'amour et d'envie.

— Je te le dis encore, espérons, étranger.

Que mon exemple au moins serve à t'encourager. Des changements du sort j'ai fait l'expérience. Toujours un même éclat n'a point à l'indigencs Fait du riche Lycus envier le desliu : J'ai moi-même été pauvre et j'ai tendu la main. Cléotas de Larisse , en ses jardins immenses , Offrit à mon travail de justes récompenses. <( Jeune ami , j'ai trouvé quelques vertus en toi ; Va, sois heureux, dit-il, et te souviens de moi. » Oui, oui, je m'en souviens : Cléotas fut mon père; Tu vois le fruit des dons de sa bonté prospère. A tous les malheureux je rendrai désormais Ce que dans mon malheur je dus à ses bienfaits. Dieux , l'homme bienfaisant est votre cher ouvrage Vous n'avez point ici d'autre visible image; Il porte votre empreinte, il sortit de vos mains Pour vous représenter aux regards des humains. Veillez sur Cléotas! Qu'une fleur éternelle. Fille d'une âme pure , en ses traits étincelle ; Que nombre de bienfaits, ce sont là ses amours, Fassent une couronne à chacun de ses jours ; Et quand une mort douce et d'amis entourée Recevra sans douleur sa vieillesse sacrée , Qu'il laisse avec ses biens ses vertus pour appui A des ûls, s'il se peut, encor meilleurs que lui.

— Hôte des malheureux, le sort inexorable

Ne prend point les avis de l'homme secourable. « Tous , par sa main de fer en aveugles poussés , Nous vivons; et tes vœux ne sont point exaucés. Cléotas est perdu ; son injuste pairie L'a prive de ses biens, elle a proscrit sa vie. De ses concitoyens dès longtemps envié,

HB IDYLLES.

De ses nombreux amis en un jour oublié, .Vu lieu Je ces tapis qu*avait tissus l'Euphraîe, * Il lieu de ces festins brillants d'or et d'agate Où ses hôtes, parmi les chants harmonieux. Savouraient jusqu'au jour les vins délicieux, Seul maintenant, sa faim, visitant les feuillages, Dépouille les buissons de quelques fruits sauvages; Ou, chez le riche altier apportant ses douleurs. Il mange un pain amer tout trempé de ses pleurs. Errant et fugitif, de ses beaux jours de gloire Cardant, pour son malheur, la pénible mémoire, Sous les feux du midi , sous le froid des hivers , Seul, d'exil en exil, de déserts en déserts, Pauvre et semblable à moi, languissant et débile, Sans appui qu'un bâton, sans foyer, sans asile, Revêtu de ramée ou de quelques lambeaux, Et sans que nul mortel attendri sur ses maux D'un souhait de bonheur le flatte et l'encourage; iies torrents et la mer, l'aquilon et l'orage, l)es corbeaux et des loups les tristes hurlements Répondant seuls la nuit à ses gémissements; N'ayant d'autres amis que les bois solitaires, D'autres consolateurs que ses larmes amères, Il se traîne ; et souvent sur la pierre il s'endort A la porte d'un temple , en invoquant la mort.

— Que m'as-tu dit? La foudre a tombé sur ma têlo. Dieus !ah ! grands dieux ! partons. Plus de jeux, plus de fêle, Partons. Il faut vers lui trouver des chemins sûrs; Partons. Jamais sans lui je ne revois ces murs. Ah ! dieux 1 quand dans le vin, les festins, l'abondance, Enivré des vapeurs d'une folle opulence. Celui qui lui doit tout chaule et s'oublie et rit, Lui peut-être il expire, affamé, nu, proscrit,

IDYLLES. î

Maudissant, comme mgral, son vieil ami qui l'aime. Parle : ctail-ce bien lui ? le connais-tu toi-même? En quels lieux était-il ? où portait-il ses pas ? Il sait oîi vit Lycus, pourquoi ne vient-il pas? Parle : était-ce bien lui? parle, parle, te dis-je; Où l'as-tu vu ? — Mon hôte , à regret je t'aflligc. C'était lui , je l'ai vu

Les douleurs de son âme

Avaient changé ses traits. Ses deux fils et sa femme,

A Delphes, confiés au ministre du dieu,

Vivaient de quelques dons offerts dans le saint lieu.

Par des sentiers secrets fuyant l'aspect des villes,

On les avait suivis jusques aux ïhermopylcs.

Il en gardait encore un douloureux effroi.

Je le connais; je fus son ami comme toi.

D'un même sort jaloux une même injustice

Nous a tous deux plongés au même précipice.

Il me donna jadis (ce bien seul m'est resté)

Sa marque d'alliance et d'hospitalité.

Vois si tu la connais. » 0 surprise 1 Immobile,

Lycus a reconnu son propre sceau d'argile;

Ce sceau, don mutuel d'immortelle aniilie,

Jadis à Cléolas par lui-même envoyé.

li ouvre un œil avide, et longtemps envisage ii'élrangor. Puis enfin sa voix trouve un passage. « Csl-ce toi, Cléotas? toi qu'ainsi je revoi? Foui ici t'appartient. 0 mon père ! est-ce toi ? le rouf^i^ que mes yeux aient pu te méconnaître. 9 Cléotas ! mon père! ô toi qui fus mon maître, Viens ; je n'ai fait ici que garder ton trésor, Et ton anciei: Lycus veut te servir encor. J'ai honte à ma fortune en regardant la tienne. •

Et dépouillant soudain la pourpre tyrienne Que tient sur son épaule une agrafe d'argent, U rattache lui-même à l'auguste indigent. Les convives levés l'entourent ; l'allégresse Rayonne en tous les yeux. La famille s'empresse ; On cherche des habits, on réchauffe le bain. La jeune enfarft approche; il rit, lui tend la main ; « Car c'est toi, lui dit-il, c'est toi qui la première, Ma fille , m'as ouvert la porte hospitalière. »

MNAZILE ET CHLOÉ-

Fleurs, bocage sonore, et mobiles roseaux Où murmure Zéphyre au murmure des eaux , Parlez, le beauMnazile est-il sous vos ombrages? 11 visite souvent vos paisibles rivages. Souvent j'écoute, et l'air qui gémit dans vos bois \ mon oreille au loin vient apporter sa voix.

MNAZILE.

Onde, mère des fleurs, naïade transparente Qui pressez mollement celle enceinte odorante . Amenez-y Chloé, l'amour de mes regards.

Vos bords m'offrent souvent ses vestiges épars.

So"j,vent ma bouche vient sous vos sombres allées, Baiser l'herbe et les fleurs que ses pas ont foulées.

Oh 1 s'il pouvait savoir quel amoureux ennu Me rend cher ce bocage où je rêve de lui ! Peut-êlre je devais d'un souris favorable L'inviter, l'engager à me trouver aimable.

MNAZILE.

Si pour m'encourager quelque dieu bienfaiteur Lui disait que son nom fait palpiter mon cœur! J'aurais dû l'inviter, d'une vois douce et tendre, A se laisser aimer, à m'aimer, à m'entendre.

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