‹ Poésies. Précedees d'une noticeChapitre 29 sur 93 · DE JUPITER ET D'EUROPE · texte numérisé non relu

DE JUPITER ET D'EUROPE

Elran[;cr, ce taureau qu'au sein dos mers profondes D'un pied Icf;er et sûr tu vois fendre les ondes, Est le seul que jamais Amphitrile ait porté, il naçe aux bords crctois. Une jeune beauté Dont le vent fait voler l'écliat-pe obéissante Sur ses flancs est assise , et d'une main tremblante Tient sa corne d'ivoire , et, les pleurs dans les yeux, Appelle ses parents, ses compagnes, ses jeux; El , redoutant la vague et ses assauts humides . Relire et veut sous soi cacher ses pieds timides.

L'art a rendu l'airain fluide et frémissant. On croit le voir flotter. Ce nageur mugissant, Ce taureau , c'est un dieu ; c'est Jupiter lui-même. Dans ses traits déguisés, du monarque suprême Tu reconnais encore et la foudre et les traits. Sidon Ta vu descendre au bord de ses guérets , Sous ce front emprunté couvrant ses artifices, Brillant objet des vœux de toutes les génisses.

La vierge tyrienne, Europe, son amour, Imprudente, le flatte : il la Halte à son tour; Et se fiant à lui , la belle désirée Ose asseoir sur son (Innc celle charge adorée. Il s'élance dans l'onde; et le divin nageur. Le taureau, roi des dieux, l'humide ravisseur, A déjà passé Chypre et ses rives fertiles; il approche de Crète, et va voir les cent villes.

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