‹ Poésies. Précedees d'une noticeChapitre 38 sur 93 · TRADUIT D EURIPIDE · texte numérisé non relu

TRADUIT D EURIPIDE

Au sang de ses enfants, de vengeance égarée, Une mère plongea sa main dénaturée ; Et l'amour, l'amour seul avait conduit sa main. Mère, tu fus impie, et l'amour inhumain. Mère ! amour ! qui des deux eut plus de barbarie ? L'amour fut inhumain ; mère , lu fus impie. Plût aux dieux que la Thrace aux rameurs de Jasoa Eût fermé le Bosphore, orageuse prison; Que Minerve abjurant leur fatale entreprise, Pélion n'eût jamais, aux bords du bel Amphryse, Vu le chêne, le pin, ses plus antiques fils. Former, lancer aux flots, sous la main d^ Tj'phis,

Ce navire animé, fier conquérant du Phase, Qui sut ravir aux bois du menaçant Caucase L'or du bélier divin , présent de Népliélé, Téméraire nageur qui fit périr Hcllél

Fille du vieux pasteur, qui d'une main agile Le soir emplis de lait trente vases d'argile, Crains la génisse pourpre, au farouche regard, Qui marche toujours seule et qui paît à l'écart. Libre, elle lutte et fuit intraitable et rebelle; Tu ne presseras point sa féconde mamelle , A moins qu'avec adresse un de ses pieds lié Sous un cuir souple et lent ne demeure plié.

yi.

TIRE DE MOSCnUS.

Nouveau cultivateur, armé d'un aiguillon,

L'Amour guide le soc et trace le sillon ;

Il presse sous le joug les taureaux qu'il enchaîne.

Son bras porte le grain qu'il sème dans la plaine.

Levant le front, il crie au monarque des dieux :

(I Toi, mûris mes moissons, de peur que loin dos ticux

Au joug d'Europe encor ma vengeance puissante

Ne le fasse courber ta tète mugissante. »

Accours, jeune Chromis, je l'aime, et je suis belle, Blanche comme Diane et légère comme elle ! Comme elle grande et fière ; et les bergers , le soir, Lorsque, les yeux baissés, je passe sans les voir, Doutent si je ne suis qu'une simple mortelle Et, me suivant des yeux , disent : « Comme elle est belle l Néère , ne va point te confier aux flots De peur d'être déesse , et que les matelots N'invoquent, au milieu de la tourmente amère, La blanche Galathée et la blanche Néère. »

L'impur et fler époux que la chèvre désire

Baisse le front, se dresse et cherche le satyre.

Le satyre averti de cette inimitié

Affermit sur le sol la corne de son pié,

Et leurs obliques fronts lancés tous deux ensemble

Se choquent; l'air frémit, le bois s'agite et tremble.

Toi ! de Mopsus ami ! Non loin de Bérécynthe Certain satyre un jour trouva la flûte sainte Dont Hyagnis calmait ou rendait furieux Le cortège énervé de la mère des dieux.

II appelle nussKôl, des fanges du Méandre,

Les nymphes de l'Asie, et leur dit de l'entendre ;

Que tout 1 art d'Hyaçnis n'était que dans ce bui;

Qu'il a, giâce au destin, des doigts tout comme lui.

On s'assit d. Le voilà qui se travaille et sue,

Souffle, agile ses doigts, tord sa lèvre touffue,

Enfle sa joue épaisse, et fait tant qu'à la fin

Le bois résonne et pousse un cri rauque et chagrin.

L'auditoire étonné se lève, non sans rire.

Les éloges railleurs fondent sur le satyre

Qui pleure, et des chiens même , en fuyant vers le bois,

Evite comme il peut les dents et les abois.

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