‹ Poésies. Précedees d'une noticeChapitre 50 sur 93 · AU CHEVALIER DE PANGE · texte numérisé non relu

AU CHEVALIER DE PANGE

|juaD(] la feuille en festons a couronné les bois,

L'amoureux rossignol n'étouffe point sa voix.

II serait criminel aux yeux de la nature,

Si , de ses dons heureux négligeant la culture.

Sur son triste rameau, muet dans ses amours,

Il laissait sans chanter expirer les beaux jours.

Et toi , rebelle aux dons d'une si tendre mère ,

Dégoûté de poursuivre une muse étrangère

Dont lu choisis la cour trop bruyante pour toi,

Tu t'es fait du silence une coupable loi !

Tu naquis rossignol. Pourquoi, loin du bocage

Où de jeunes rosiers le balsamique ombrage

Eût redit tes doux sons sans murmure écoulés,

T'en allais-tu chercher la muse des cités;

Cette muse, d'éclat, de pourpre environnée,

Qui , le glaive à la main , du diadème ornée,

Vient au peuple assemblé, d'une dolente voix,

Pleurer les grands malheurs, les empires, les rois?

Que n'étais-tu fidèle à ces muses tranquilles

Qui cherchent la fraîcheur des rus'iques asiles ,

Le front ceint de lilas et de jasmins nouveaux,

Et vont sur leurs attraits consulter les ruisseaux?

Viens dire à leurs concerts la beauté qui te brûle.

amoureux, avec l'âme et la voix de TibuUe,

Fuirais-tu les hameaux, ce séjour enchanté

Qui rend plus séduisant l'éclat delà beauté?

L'amour aime les :hamDS. et les champs l'ont vu naître.

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