‹ Poésies. Précedees d'une noticeChapitre 81 sur 93 · A MARIE-JOSEPH DE CHÉNIER · texte numérisé non relu

A MARIE-JOSEPH DE CHÉNIER

Mon frère, que jamais la tristesse importune

Ke trouble tes prospérités !

Va remplir à la fois la scène et la tribune :

Que les grandeurs et la fortune Te comblent de leurs biens, aux talents mérités.

Que les muses, les arts toujours d'un nouveau lustre

Embellissent tous tes travaux ; Et que, cédant à peine à ton vingtième lustre,

De ton tombeau la pierre illustre S'élève radieuse entre tous les tombeaux.

STBOPHE.

0 mon esprit! au sein des cieux, I-oin de tes noirs chagrins, une ardente allégresse Te transporte au banquet des dieux ; Lorsque ta haine vengeresse ,

* Voyez dans notre coUcclion le volume qui contiendra les œuvres choisiei de Marie-Joseph de Ckénier. Note de l'éditeur.

Rallumée à l'aspect et (^a meurtre et du sang, Ouvre de ton oarquois l'inépuisable flanc. De là vole aux méchants ta flèche redoutée,

û un nel vertueux humectée ; Qu'au défaut de la foudre, esclave du plus forî

Sur tous ces pontifes du crime, Par qui la France, aveugle et stupide victime, Palpite et se débat contre une longue mort,

Lance ta fureur majTnauimc.

ANTISTUOPHE.

Tu crois, d'un éternel flambeau Eclairant les forfaits d'une horde ennemie,

Défendre à la nuit du tombeau

D'ensevelir leur infamie.

Déjà tu penses voir, des bouts de l'univers. Sur la foi de ma lyre, au nom de ces pervers, Frémir l'horreur publique , et d'honneur et de gloire

Fleurir ma tombe et ta mémoire :

Comme autrefois tes Grecs accouraient à des jeux,

Quand l'amoureux fleuve d'Elide Eut de traîtres punis vu triompher Alcide; Ou quand l'arc pythien d'un reptile fangeux

Eut purgé les champs de Phocide.

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