MAGALI
O Magali, le ciel f entende!
Si tu te fais chêne en la lande,
Touffe de lierre me ferai,
Je t’embrasserai...
Si tu veux m’étreindre à ton aise.
Tu n’auras qu’un tronc vermoulu, Car blanche nonnette à Saint-Biaise J’entrerai : tu l’auras voulu.
Magali, si tu deviens nonne,
Eh bien, que le ciel te pardonne.
Prêtre, je te confesserai.
Je t’entendrai.
Du couvent tu franchis la porte.
Soit! ce jour-là tu me verras.
Au milieu de mes sœurs, mais morte!
Alors qu’est-ce que tu diras ?
O Magali, si de la sorte
Tu te fais, hélas! pauvre morte.
Eh bien, terre je me ferai;
Là, je t’aurai !
Décembre 1882.