LES DAUPHINS
Les dauphins, poussés par l’orage, Dans les blancs remous du vapeur Se font la poursuite avec rage.
Gais compagnons, vifs et sans peur.
Ils bondissent, oiseaux sans ailes, Bateleurs des flots et du vent,
Ils lancent l’eau par leur évent ;
Leur nageoire a mille étincelles.
Dans le seul intérêt de l’art Et sans espoir de récompense,
Ils pratiquent le grand écart, N’ayant encor rien dans leur panse :
SUR LES CHEMINS
Les passagers, peuple imbécile, Sifflent les pauvres baladins;
Ils n’obtiennent que des dédains ; Les nourrir serait si facile!
Amis des poètes errans.
Tous vos jeux et vos drôleries Ne provoquent que railleries :
Disparaissez dans les courans.
Et quand des forces invisibles Se promèneront sur les flots.
Parmi les cris et les sanglots Vous passerez fiers et terribles !
En mer, iSSg.