LES FUNÉRAILLES DE MADAME L
Vous surtout qu'une gloire immortelle accompagne , César, Trajan, Titus, Constantiu, Charlemagne, " C'est la mère d'un Empereur !
Et vous qui , de l'exil sur la rive étrangère Jusqu'à la lie avez vidé la coupe amère ,
Venez à ce seuil isolé.
Vous tous qu'un pays sourd aux cris de la nature , Laissa vivants , sans pain, et morts sans sépulture ,
C'est la mère d'un exilé!
Si la peur met obstacle à vos cérémonies , Hâtez , prêtres , hâtez les saintes litanies ,
Mais versez du moins quelques pleurs; Car on lui refusa cette faveur dernière D'accompagner son fils sur le lointain Calvaire ,
Cette autre mère de Douleurs.
Et toi , toi seul pouvais , antique Capitule , Aux plaintes de l'airain qui dort sous ta coupole
Éveiller le saint Panthéon.
Toi seul aussi pouvais , ô Vatican de Rome ! Bénir après 6a mort la mère du grand homme ,
La mère de Napoléon 1
Mais non, ils ont eu peur qu'une ombre menaçante , Une ombre à l'œil ardent ne se levât géante ,
ibmroe un aigle sur un écueil....
Ils ont eu peur , ô honte ! ils ont craint un fantôme!
Où donc est Annibal? qu'on lui dise que Rome
A peur d'une ombre et d'un cercueil!