‹ Poésies (volume 2)Chapitre 87 sur 208 · LES FUNÉRAILLES DE MADAME L · texte numérisé non relu

LES FUNÉRAILLES DE MADAME L

Vous surtout qu'une gloire immortelle accompagne , César, Trajan, Titus, Constantiu, Charlemagne, " C'est la mère d'un Empereur !

Et vous qui , de l'exil sur la rive étrangère Jusqu'à la lie avez vidé la coupe amère ,

Venez à ce seuil isolé.

Vous tous qu'un pays sourd aux cris de la nature , Laissa vivants , sans pain, et morts sans sépulture ,

C'est la mère d'un exilé!

Si la peur met obstacle à vos cérémonies , Hâtez , prêtres , hâtez les saintes litanies ,

Mais versez du moins quelques pleurs; Car on lui refusa cette faveur dernière D'accompagner son fils sur le lointain Calvaire ,

Cette autre mère de Douleurs.

Et toi , toi seul pouvais , antique Capitule , Aux plaintes de l'airain qui dort sous ta coupole

Éveiller le saint Panthéon.

Toi seul aussi pouvais , ô Vatican de Rome ! Bénir après 6a mort la mère du grand homme ,

La mère de Napoléon 1

Mais non, ils ont eu peur qu'une ombre menaçante , Une ombre à l'œil ardent ne se levât géante ,

ibmroe un aigle sur un écueil....

Ils ont eu peur , ô honte ! ils ont craint un fantôme!

Où donc est Annibal? qu'on lui dise que Rome

A peur d'une ombre et d'un cercueil!

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