‹ Poésies (volume 3)Chapitre 1 sur 78 · LA BIBLIOTHEQUE · texte numérisé non relu

LA BIBLIOTHEQUE

Je viens revoir encor l'asile où vous dormez, Vieux livres, vieux amis, chers et doctes fantômes. Je viens me consoler au milieu de vos tomes : Vous seuls ne changez point, ô mes amis aimés!

On vous rouvre à la page où l'on vous a fermés; Vous contez votre histoire ou vous chantez vos psaumes; Peuples et rois tout meurt ! Vous gardez vos royaumes, Et du même parfum vous restez embaumés.

J'aime vos vieux vélins; j'aime vos marges blanches; Je respire incliné la senteur des vieux jours; J'admire avec respect la rougeur de vos tranches;

J'y crois voir une bouche aux éloquents discours; Et, d'un doigt filial, j'ouvre ces lèvres franches, Qui me parlent sans bruit et m'instruisent toujours.

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