A CLAUDE GIRARD
O Poète, ami des beaux jours, Du printemps et de la verdure, Puisse l'Avril, qui trop peu dure, Sourire à vos jeunes amours!
La source aux rapides détours Fuit sous bois, gazouillante et pure; Les nids sont pleins dans la ramure; Le Printemps renaîtra toujours.
Mais le printemps de la jeunesse Sans retour s'envole, et nous laisse, Trompant notre cœur alï'amé;
Et l'amer regret nous dévore De sentir qu'on n'est plus aimé, Lorsqu'on voudrait aimer encore.