SOLEIL COUCHANT
Le soleil se couchait dans des cieux tourmentés; Les nuages dansaient une ronde macabre; L'occident, coloré de pourpre et de cinabre, Ne versait plus sur nous que de rouges clartés.
Je suivais des coteaux rocailleux et plantés De bruyères, d'ajoncs, de grands pins de Calabre; Le trèfle, le sainfoin et le nénuphar glabre M'apportaient du vallon leurs parfums enchantés.
Or j'avais faim : le ventre est un Dieu sans vergogne. Je songeais que le vin des grands crûs de Bourgogne Avait, plus que ce ciel, d'incarnat et de feu,
Et que j'aimerais joindre à ses rubis liquides, Non les parfums du soir, mais un fromage bleu Ruisselant de saveurs gourmandes et fétides!