‹ Poésies religieusesChapitre 13 sur 38 · IL PARLE ENCORE · texte numérisé non relu

IL PARLE ENCORE

Ni pardon ni répit, ilil le monde, Plus de place au sénat du loisir !

On rend grâce et justice au désir Qui te prend d'une paix si profonde, El Ton eût fait trêve avec plaisir, Mais la guerre est jalouse : il faut vivre Ou mourir du cond)at qui t'enivre.

Aussi bien les vœux sont absolus Quand notre art est un mol é(|uilibrc.

Nous donnons un sens large au mot : libre. El Ion sens va : Vile ou jamais plus. Ta prière est un ordre qui vibre ; Alors nous, indolents conseilleurs, Que te dire, excepté : Cbercbe ailleurs ?

Et je vois rOr^ueilet la Luxure Parmi la réponse : tel un cor

Dans réclat fané d'un vil décor, Prêtant sa rage à la flûte impure.

Quel décor connu mais triste encor !

C'est la ville où se caille et se lie Ce passé qu'on boit jusqu'à la lie,

C'est Paris banal, maussade et blanc, Qui chantonne une ariette vieille En cuvant sa <' noce » de la veille Comme un invalide sur un banc.

La Luxure me dit à Foreille :

Bonhomme, on vous a déjà donné.

Et l'Orgueil se tait comme un damné.

0 Jésus, vous voyez que la porte Est fermée au Devoir qui frappait, Et que l'on s'écarte à mon aspect.

Je n'ai plus qu'à prier pour la morie. Mais l'agneau, bénissez qui le paît ! Que le thym soit doux à sa bouchette ! Que le loup respecte la houlette !

Et puis, bon pasteur, paissez mon cœur Il est seul désormais sur la terre, Et l'horreur de rester solitaire Le distrait en l'étrange langueur D'un espoir qui ne veut pas se taire, Et l'appelle aux prés qu'il ne faut pas. Donnez -lui de n'aller qu'en vos pas.

SAINT nUAAl.

A LEOiN DLOY

l'arfois je sens, mourant des temps où nous vivons, Mon immense douleur s'enivrer d'espérance. In vain l'heure honteuse ouvre des trous profonds, în vain hAillent sous nous les désastres sans fonds r*our euf^'loutir l'ahus de notre Apre souffrance, > san^ de Jésus-Christ ruisselle sur la France.

^e précieux Sang coule à flots de ses autels ^on encor renversés, et coulerait encore ^e fussent ils, et quand nos malheurs seraient tels }ue les plus forts, cédant à ces effrois mortels, 'îux-mèmes suhiraient la loi qui déshonore, |)e l'ombre des cachots d jaillirait encore.

l coulerait encor dos pierres des cachots, descellerait l'iiorreur des ciments, doux et roug© uintemont, torrent patient d'oraisons, )'expiation forte et de bonnes raisons

Contre les lâchetés et les « feux sur qui bouge î » Et toute guillotine et cette Gueuse rouge !...

Torrent d'amour du Dieu d'amour et de douceur, Fût-ce parmi l'horreur de ce monde moqueur, Fleuve rafraîchissant de feu qui désaltère, Source vive où s'en vient ressusciter le cœur Même de l'assassin, même de l'adultère, Salut de la patrie, ô sang qui désaltère !

AXGKLUS DE MIDI

Jo suis dur comme un juif et têtu comme lui, Littéral, ne faisant le bien qu'avec ennui. Quand ji; le fais, et prjH i\ tout le mal possible ;

Mon esprit s'ou\Te et s'offre, on dirait une cible ; Je ne puis plus compter les chutes de mon cœur ; La charité se fano aux doii^ts de la langueur ;

L'ennemi m'investit d'un lossé d'eau ilormante ; Un parti de mon (Mre a pour et parlemente : Il me faut à tout pris un secours prompt et fort.

Ce fort secours, c'est vous, maîtresse de la mort

Et reine de la vie, o Vierge immaculée,

Qui tendez vers Jésus la Face constellée

Pour lui montrer le Sein de toutes les douleurs

Et tendez vers nos pas, vers nos ris, vers nos pleurs

Ii2 AMOUR

Et vers nos vanités douloureuses les paumes Lumineuses, les Mains répandcuses de baumes. Marie, ayez pitié de moi qui ne vaux rien Dans le chaste combat du Sage et du Clirélien ; Priez pour mon courage et pour qu'il persévère, Pour de la patience, en cette longue guerre, A supporter le froid et le chaud des saisons ; Écartez le fléau des mauvaises raisons ; Rendez-moi simple et fort, inaccessible aux larmes, Indomptable à la peur ; mettez-moi sous les armes, Que j'écrase, puisqu'il le faut, et broie enfin Tous les vains appétits, et la soif et la faim, Et l'amour sensuel, cette chose cruelle, Et la haine encore plus cruelle et sensuelle. Faites-moi le soldat rapide de vos vœux, Que pour vous obéir soit le rien que je peux. Que ce que vous voulez soit tout ce que je puisse ! J'immolerai comme en un calme sacrifice Sur votre autel honni jadis, baisé depuis, Le mauvais que je fus, le lâche que je suis. La sale vanité de l'or qu'on a, l'envie D'en avoir mais pas pour le Pauvre, cette vie Pour soi, quel soi ! l'affreux besoin de plaire aux gens, L'affreux besoin de plaire aux gens trop indulgents, Hommes prompts aux complots, femmes tôt adultères, Tous préjugés, mourez sous mes mains militaires ! Mais pour qu'un bien beau fruit récompense ma paix, Fleurissent dans tout moi la fleur des divins Mais, Votre amour, Mère tendre, et votre culte tendre.

Ah! vous aimer, u uiiner Dieu quo par vous, nu lundi A lui qu'en vous sans plus aucun détour subtil, Et mourir avec vous tout près.

Ainsi soit-ii

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