LES JOUJOUX DE LA MORTE
La boîte à musique est muette ; Mais, quand on pousse le ressort Où se posait sa main fluette, Un murmure plaintif en sort.
L'émotion chevrote et tremble Dans : Ah! vous divai-je, maman!
Le Quadrille des Lanciers semble Triste comme un enterrement;
Et des pleurs vous mouillent la joue Quand La Donna é mobile, Sur le rouleau qui tourne et joue, Expire avec un son filé.
Le cœur se navre à ce mélange Puérilement douloureux, Joujoux d'enfant laissés par l'ange.
Berceau que la tombe a fait creux !
^T%ÈS LE FEUILLETOIsi
MES colonnes sont alignées Au portique du feuilleton ; Elles supportent, résignées, Du journal le pesant fronton.
Jusqu'à lundi je suis mon maître.
Au diable chefs-d'œuvre mort-nés 1 Pour huit jours je puis me permettre De vous fermer la porte au nez.
Les ficelles des mélodrames N'ont plus le droit de se glisser Parmi les fils soyeux des trames Que mon caprice aime à tisser.
Voix de l'âme et de la nature, J'écouterai vos purs sanglots.
Sans que les couplets de facture M'étourdissent de leurs grelots ;