PROLOGUE D OUVERTURE 3O
Et Dieu nous doit beaucoup de poètes encor. Patrie aux flancs féconds, sainte mère des hommes, Ce que furent jadis nos pères, nous le sommes. Et ton généreux sang, qui fit tant de vainqueurs, N'a point perdu sa pourpre en coulant dans nos cœurs. Soulevons le passé qui sur nos fronts retombe : Le laurier peut verdir ailleurs que sur la tombe. Par trop de piété pour nos illustres morts Ne décourageons pas de vivaces efforts.
D'un vol prompt, sur le toit, si le moineau s'élance. L'aigle, qui va planer, en rampant se balance : Le but est le soleil, le chemin l'infini. Et l'oiseau, palpitant, hésite au bord du nid ; Mais, quand il s'est lancé dans le vent qui l'appelle, Prenez garde qu'un plomb n'ensanglante son aile, Car il est des chasseurs qui font la lâcheté De tirer sur un aigle ivre d'immensité!...