DECLARATION
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Mais toujours fust mon opinion telle Que toute amour doict estre mutuelle ; Qui son cœur donne, il en mérite autant
Les loyalles et pudicques amours de Scalwii de Virhluneau, à madame de Bouffiers,
JE VOUS aime, ô jeune fille !
Aussi, lorsque je vous vois, Mon regard de bonheur brille, Aussi tout mon sang pétille Lorsque j'entends votre voix.
Douce à mon amour timide, Vous en accueillez l'aveu, Mais sans qu'un rayon humide Argenté votre œil limpide, Lac pur où dort le ciel bleu.
Pourquoi cette retenue?
Entre nous, rien de caché.
— Enfant ! votre âme ingénue Peut se montrer toute nue Comme Eve avant le péché.
C'est un amour sans mélange Que l'amour que j'ai pour vous, Frais comme au cœur la louange, Ardent à toucher un ange, Pur à rendre Dieu jaloux.
TL UIE
Glasglatcha : son de la pluie dans la pluie; en anglais, spalsh.
Dictionnaire arahc.
CE nuage est bien noir : — sur le ciel il se roule, Comme sur les galets de la côte une houle. L'ouragan l'éperonne, il s'avance à grands pas.
— A le voir ainsi fait, on dirait, n'est-ce pas? Un beau cheval arabe, à la crinière brune, Q.ui court et fait voler les sables de la dune.
Je crois qu'il va pleuvoir : — la bise ouvre ses flancs, Et par la déchirure il sort des éclairs blancs. Rentrons. — Au bord des toits la frêle girouette D'une minute à l'autre en grinçant pirouette ; Le martinet, sentant l'orage, près du sol, Afin de l'éviter, rabat son léger vol ;
— Des arbres du jardin les cimes tremblent toutes. La pluie ! — Oh ! voyez donc comme les larges gouttes Glissent de feuille en feuille et passent à travers La tonnelle fleurie et les frais arceaux verts !
Des marches du perron en longues cascatelles Voyez comme l'eau tombe, et de blanches dentelles Borde les frontons gris ! — Dans les chemins sablés Les ruisseaux en torrents subitement gonflés Avec leurs flots boueux mêlés de coquillages Entraînent sans pitié les fleurs et les feuillages.
Tout est perdu : — jasmins aux pétales nacrés, Belles-de-nuit fuyant l'astre aux rayons dorés, Volubilis chargés de cloches et de vrilles, Roses de tous pays et de toutes familles. Douces filles de Juin, frais et riant trésor! La mouche que l'orage arrête en son essor. Le faucheux aux longs pieds et la fourmi se noient Dans cet autre océan dont les vagues tournoient.
— Que faire de soi-même et du temps, quand il pleut Comme pour un nouveau déluge, et qu'on ne peut Aller voir ses amis, et qu'il faut qu'on demeure? Les uns prennent un livre en main, afin que l'heure Hâte son pas boiteux et dans l'éternité
Plonge sans peser trop sur leur oisiveté ; Les autres gravement font de la politique. Sur l'ouvrage du jour exercent leur critique; Ceux-ci causent entre eux de chiens et de chevaux, De femmes à la mode et d'opéras nouveaux ; Ceux-là du coin de l'œil se mirent dans la glace, Débitent des fadeurs, des bons mots à la glace. Ou, du binocle armés, regardent un tableau :
— Moi, i'écoute le son de l'eau tombant dans l'eau.