‹ PoésiesChapitre 136 sur 145 · DÉCEMBRE 184O · texte numérisé non relu

DÉCEMBRE 184O

/^ UAND SOUS l'arc triomphal où s'inscrivent nos gloires v^^Passait le sombre char couronné de victoires

Aux longues ailes d'or.

Et qu'enfin Sainte-Hélène, après tant de souffrance, Délivrait la grande ombre et rendait à la France

Son funèbre trésor,

Un rêveur, un captif derrière ses murailles. Triste de ne pouvoir aux saintes funérailles

Assister, l'œil en pleurs.

Dans l'étroite prison sans échos et muette, Mêlant sa note émue à l'ode du poète,

Épanchait ses douleurs : —

' Ce morceau n'est rien autre chose que k traduction liitèrale, en vers, d'un morceau de prose. Nous avons placé chaque strophe en face de chaque paragraphe, pensant que le public verrait avec intérêt comment le poète a fait entrer dans chacune de ses strophes chaque phrase et pour ainsi dire chaque mot du prosateur.

3l6 AI'IT.NDICE

ic Citadelle de Hani, 15 décembre i8.|0.

« Sire, vous revenez dans votre capitale, et le peuple en foule salue votre retour, mais moi, du fond de mon cachot, je ne puis apercevoir qu'un rayon du soleil qui éclaire vos funérailles.

« N'en veuillez pas à votre famille de ce qu'elle n'est pas là pour vous recevoir.

« Votre exil et vos malheurs ont cessé avec votre vie; mais les nôtres durent toujours! Vous êtes mort sur un rocher, loin de la patrie et des vôtres, la main d'un fils n'a point fermé vos yeux. Aujourd'hui encore, aucun parent ne conduira votre deuil.

« Montholon, lui que vous aimiez le plus parmi vos dévoués compagnons, vous a rendu les soins d'un fils; il est resté fidèle à votre pensée, à vos dernières volontés; il m'a rapporté vos dernières paroles ; il est en prison avec moi !

« Un vaisseau français conduit par un noble jeune homme est allé réclamer vos cendres; mais c'est en vain que vous cherchiez sur le pont quelques-uns des vôtres; votre famille n'y était pas.

Page 1