DERNIERS VERS DE NOURRIT
LE cygne, lorsqu'il sent venir l'heure suprême. En chants mélodieux A la blonde lumière, au beau fleuve qu'il aime, Soupire ses adieux !
Ainsi cette pauvre àme, à la rive lointaine,
Lasse de trop soufl^rir, S'exhalait en doux chants et déplorait sa peine
Au moment de mourir!
l86 P 01- MIS NOUVELLES
L^ TULITF.
01, je suis la tulipe, une fleur de Holl.uide; Et telle est ma beauté, que l'avare Flamand Paye un de mes oignons plus cher qu'un diamant. Si mes fonds sont bien purs, si je suis droite et grande.
Mon air est féodal, et, comme une Yolande Dans sa jupe à longs plis étoffée amplement, Je porte des blasons peints sur mon vêtement. Gueules foscé d'argent, or avec pourpre en bande.
Le jardinier divin a filé de ses doigts Les rayons du soleil et la pourpre des rois Pour me faire une robe à trame douce et fine.
Nulle fleur du jardin n'égale ma splendeur. Mais la nature, liélas ! n'a pas versé d'odeur Dans mon calice fiit comme un vase de Chine.