‹ PoésiesChapitre 75 sur 145 · LE 28 JUILLET · texte numérisé non relu

LE 28 JUILLET

Au prix de tant de sacrifices, Sur des débris encor fumants 1 Surtout laisse toujours l'idée, A ton oreille non gardée, Chuchoter le verbe nouveau ; C'est par le verbe qu'on gouverne, Et le diadème moderne N'est que le cercle d'un cerveau !

Que le sculpteur et le poète Avec le marbre, avec le vers.

D'une forme noble et parfaite Parent le nouvel univers !

Que palais, tours, dômes, églises.

Sur le ciel des villes surprises, Tracent, en lettres de granit.

Les symboles et les pensées Des générations poussées Sur le vieux monde rajeuni.

Du haut de ta gloire étoilée,

Songe à ceux qui souffrent en bas ;

Secours la misère voilée.

Au génie obscur tends les bras I

Sois le monarque et le pontife.

Et rends l'antique hiéroglyphe

Pour tous intelligible et clair;

Que sur ta tête la tiare

Brille dans l'ombre, comme un phare,

Au bord du peuple — cette mer!

Mais ce beau jour n'est qu'une aurore.

Un rêve où l'àme se complaît ; L'homme n'est qu'un enfant encore,

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Bouche rose, blanche du hiit; Son sceptre est un hochet d'ivoire, Sa pourpre, une robe de moire ; Il dort, et sourit sans effroi ; Ne pouvant pas cncor comprendre, Oh, pur bonheur de l'âge tendre!

Qu'il est marqué pour être roi.

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